Affichage des articles dont le libellé est Bavardages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bavardages. Afficher tous les articles

jeudi 9 juillet 2020

De la Cancel Culture chez les granos.


Bon. Maintenant que mon titre bien racoleur à fait cliquer, parlons de choses sérieuses.

Tout d’abord le fait que la “cancel culture” n’existe pas et que c’est un concept créé par les gens “cancelés” par les mouvements Me Too, BLM, Anti-raciste, anti-transphobe (JK Rowling, on te voit), etc... qui les place en victimes alors que ce sont eux les bourreaux. Ils ne sont pas “cancelés”. Ils sont légitimement “call out” pour des idées nauséabondes. Nuance.


Photo par Casey Horner


[TW agressions sexuelles, abus, trauma]


J’aimerai parler ici du fait que dans le monde du yoga, du développement personnel, les abus de pouvoir, les agressions sexuelles et autres horreurs sont légions. Les accusations ont explosées ces dernières années, et il y a peu de chance que lorsque vous googlez une école “moderne” de Yoga, vous ne trouviez pas d’allégations (ou de condamnations) envers leur guru -professeur en Sanskrit-. (on parle ici bien de Desikachar, Iyengar, Yogi Bhajan, L’école de Nidra, Bikram et littéralement des dizaines d’autres).

De la même manière, les “gourous” du développement personnel -ici lire, connards en langue moderne- sont bien trop souvent des gens dont l’égo est tellement gigantesque que les abus sont courants.


Je vais juste faire une mise au point ici avant de continuer: par défaut, je crois les victimes. Les victimes, pour l’immense majorité des femmes, n’ont absolument rien à gagner à mentir. On l’a vu pendant les vagues me too, elles sont traînées dans la boue et les bourreaux s’en sortent souvent avec juste une tape sur la main et leur carrière intacte. La dénonciation ruine souvent la vie de celle qui l’a faite et elle obtient rarement réparation. Je trouve ces femmes extrêmement courageuses et je les crois de toute mon âme.


Je vais prendre ici deux exemples récents, pour moi, et qui m’ont touchés directement.

Je ne sais pas si vous avez entendu parlé du pétage de plomb monumental de Doreen Virtue. Ce n’est pas nouveau, mais je l’ai appris il y a peu. Doreen Virtue, la papesse des cartes d’oracle, de la communication avec les anges, a décrété un jour, qu’elle avait eu un éveil religieux et que tout son travail sur les anges était démoniaque.  Elle se “bat” à présent pour faire retirer ses cartes de la vente et s’excuse de nous avoir amené vers Satan (en gros).

J’ai commencé mon travail avec les Oracle avec ses cartes. Et je n’ai jamais vraiment accroché. Trop lisses, trop superficielles, mais faciles à appréhender. En apprenant tout ça, je me suis débarrassée des oracles que j’avais d’elle. Et j’ai réfléchi au fait que je les avais gardé parce que, malgrés mon intuition et mon ressenti, tout le monde la considérait comme une vraie guide.

L’autre exemple qui land close to home c’est Nahko. Nahko, le chanteur avec sa “medicine tribe” avec ses paroles magiques qui nous ont accompagnés, moi et tant d’autres, sur notre chemin intérieur. Mais aussi Nahko l’activiste pour plein de belles causes.

Nahko vient d’être accusé publiquement de toutes sortes d’abus. Ça va de “c’est un gros cave” à des viols sur mineures en passant par au moins une des ses ex qui témoigne de relation abusive. Ici, même si un seule c’est déjà trop, on parle de DIZAINES de témoignages sur de nombreuses années que le milieu connaissait mais qui ne sortent publiquement que maintenant.

Il a répondu avec un post super marketing-legal en ne prenant pas ses responsabilités.

Et j’ai supprimé Nahko de toute mes playlists.

Et non, on ne peut séparer l’homme de l’artiste, surtout lorsque son “art” se veut “medicine”.


Nahko, Doreen Virtue, Bikram et tant d’autres.

Je suis persuadée que lorsque l’on guide des gens dans leur spiritualité, on peut se permettre un peu de ”faites ce que je dis, pas ce que je fais”, mais seulement jusqu’à un certain point. Et on peut également enseigner et guider lorsque l’on est soi-même encore sur son chemin. Si un guru vous dit qu’il n’a plus rien à apprendre et est gavé de certitudes sur le “bon chemin” à prendre fuyez! Il est sain pour des professeurs d’avoir des doutes et des choses à explorer en interne.

Mais.

Mais il est primordial que ce chemin soit déjà BIEN entamé. Comment de la musique peut être medicine si elle a été écrite tout en abusant des femmes? Comment des cartes d’oracles et des enseignements peuvent être justes et bienveillant s’ils sont considérés par leur autrices comme étant malveillants? Comment le yoga Nidra peut être bénéfique si il a été conçu par des hommes qui ont torturés des dizaines de femmes (Google it)?

La cohérence. 

Pour guider les autres vers leur lumière, on doit nous même être guidé par la nôtre.



Alors on fait quoi? 

Alors comment on s’affranchit, en tant que yogi, que prof, que femme, que facilitatrice, de cet héritage toxique à l’extrême?

Je crois qu’il n’y a pas de réponse simple. 

Mais suivre notre intuition profonde est un beau point de départ.

Et croire et soutenir par défaut les victimes de ce système en est un autre, qui nous permettra d’assainir le milieu.

Reprendre le pouvoir sur son propre cheminement. Se faire guider avec bienveillance.

Et penser intersectionnalité des luttes. On en peut remettre en cause ces abus sans analyser les enjeux sociétaux derrière.


Moi, pour le moment, je travaille fort sur tout ça. Je partage, je transmets ce que je pratique et ce que j’ai intégré. J’essaye de garder mon oeil critique et mon libre arbitre aux aguets lorsque je lis des choses écrites par des hommes, pour des hommes. Je recalibre lorsque des scandales éclatent dans mes “lignées”. Je m'instruis sur l’activisme et les privilèges en dehors des cercles granos, pour pouvoir les y ramener. Je n’ai plus peur de remettre en question les enseignements des “maîtres” et je cherche plus loin lorsque cela ne me convient pas. Je reviens aux sources originelles des textes sur le Yoga, sans avoir besoin qu’un homme qui est incapable de confronter ses propres noirceurs, mes les traduise. 

Je me rends aussi compte que mes guides ces dernières années, étaient en immense majorité, des femmes. Des Femmes formidables, avec leur vécu de Femme, leurs blessures de Femme, et leur évolution dans un monde d’Hommes.


J’invite avec bienveillance vos réflexions, vos avis, vos témoignages.

Ensemble, on sera plus fort.e.s. Et on pourra faire changer les choses.




lundi 20 juin 2016

Mon meilleur outil bien-être : Facebook

BOOM.
Oui. C'est étrange ce titre, hein?
Un réseau social, un outil bien être?

Si vous avez un peu suivi, bien que je n'en ai que peu parlé, j'ai passé plusieurs mois physiquement loin de chez moi à prendre soin de ma famille.
Être loin de ses repères, de son amoureux, de ses amis, de ses projets pendant 5 mois, en ayant eu exactement 7 jours de préavis c'est pas exactement super méga facile. Surtout que c'était pas pour une retraite de yoga à Bali, on s'entend.
Physiquement et psychologiquement, il y a l'épuisement, la lassitude, le manque d'ancrage. Le quotidien est chamboulé, il n'y a plus rien à quoi s'accrocher. Plus de moment pour prendre soin de moi, plus de moment pour être seule avec moi-même. Et plus de connexion réelle avec mes proches ici au Québec.

Et bah tu sais ce qui m'a permis de tenir le coup?
Facebook.
Ça a été non seulement le meilleur dispositif d’évitement au monde (tu sais, quand la réalité est juste trop à gérer et que ton cerveau à besoin d'un dérivatif le temps d'avoir la force de gérer le tout? Évitement), mais ça m'a permis de garder contact avec ma vie à moi, loin là bas.
J'ai pu écrire, beaucoup, certains ont dit trop, mais je m'en fiche. J'ai pu choisir aussi qui voyait tout ça, grâce aux paramètres de confidentialité.
J'ai reçu des dizaines de messages, publics ou privés de gens qui sont, grâce à tout ça, passés de connaissances à amis. De gens qui m'ont dit que je leur manquais, de gens qui ont maintenu mon espace et gardé ma place sans que je n'ai à demander. Des gens qui ont pris soin de moi. Et qui ont été là "en vrai" à mon retour.


J'ai pu aussi donner de mes nouvelles lorsque je n'avais pas l'envie ou la force d'écrire 8000 messages perso. Une photo, un mot, pour dire que tout va bien ou que non, ça va pas trop, et les réponses de mes amis qui comprenaient que leur présence virtuelle à défaut d'être physique était indispensable.
Une solidarité, un appui, un amour incroyable. Qui aurait été plus difficile à maintenir sans Facebook.

Alors en cette époque où faire une "détox des réseaux sociaux" est la nouvelle mode, moi je dis prout. Rendez vos réseaux sociaux bienveillants, remplissez-les de gens que vous aimez et qui vous aiment, choisissez votre réseau, faites en sorte d'y trouver ce dont vous avez besoin. Avec les paramètres de confidentialité toujours plus pointus, vous n'avez aucune excuse pour voir des choses que vous ne voulez pas voir ou partager avec des gens avec qui vous ne voulez pas partager. C'est tellement simple.
Pour moi, les gens qui disent que Facebook empêchent de vivre la "vraie vie" ne savent juste pas s'en servir.
Parce que sans mon Facebook (et les gens fantastiques qui le peuplent), moi, je n'aurais pas tenu le coup. Vraiment.

Et vous, vous avez une belle histoire de réseau social à partager?


mercredi 27 avril 2016

Les photos en yoga, l'image que l'on choisi (Partie II)

Je suis vraiment impressionnée par les réactions que j'ai eu suite à la publication de la première partie de ma réflexion personnelle sur les photos et le yoga. Je pensais provoquer une mini shitstorm, me mettre des gens à dos. Au lieu de ça, j'ai eu de vraiment beaux messages de gens que mon post a fait réfléchir. Et même si tout le monde n'est pas d'accord, le débat était intelligent et respectueux. Parfait <3

Forte de cette expérience, j’aimerai partager la suite de la réflexion que j'ai en ce moment, à savoir la problématique des photos d'asanas (postures) sur les réseaux sociaux.
 
Avec la multiplication des réseaux sociaux et l'omniprésence de l'égo et de l'image dans la société on voit la multiplication exponentielle de photos d'asanas les plus acrobatiques les uns que les autres dans notre quotidien. Parce que, qui voudrait voir quelqu'un faire un simple balasana, right?
Pas pas si right que ça en fait.

Lorsque j'avais posé la question sur Facebook il y a un petit bout de temps, vous avez été nombreuses à me répondre que ce genre de photo vous motivaient vraiment, vous incitaient à vous dépasser et à sortir de votre zone de confort. Vous avez été tout aussi nombreuses à me dire que ce genre de photo vous déprimaient, ou pire, qu'elles vous décourageaient de commencer le yoga.
Wait, WHAT?

Certaines choses que j'ai lu m'ont mis mal à l'aise. Le yoga ce n'est pas des postures acrobatiques. En tout cas pas des postures acrobatiques pour faire des postures acrobatiques. Puisque les asanas (postures) ne sont pas un but, mais un moyen d'arriver à Samadhi, l'illumination ultime, à travers la méditation, que l'on prépare avec les asanas.
Ça change un peu la perspective, non?

Souvent, la posture la plus difficile en yoga: rester en silence et en présence avec soi-même.

Et contrairement à ce que fait croire l'instantanéité d'une photo, je ne connais aucun yogi qui fait des handstands, des scorpions, des danseurs ou des équilibres en torsion sans s'être auparavant échauffé en malade. Et avoir pratiqué plusieurs années souvent. (et ndlr: ce ne sont souvent pas les postures les plus acrobatiques qui sont les plus difficiles à réaliser). Mais ça, on ne le voit pas sur une photo.

Personnellement, j'adore voir l'évolution de mes amis ou de yogis que je suis depuis longtemps. Les voir peu à peu maitriser une posture compliquée et le voir documenter sur leurs réseaux sociaux, je trouve ça vraiment super inspirant. Et croyez moi, lorsque j'aurai mon équilibre sur les mains, vous allez en entendre parler solide :)

Mais la question que je me pose réellement lorsque je vois des photos d'asanas complexes estampillés "yoga" c'est : dans quel but la personne a posté cette image? Pour motiver les gens? Pour faire un changement positif dans la communauté? Pour booster son égo? C'est souvent un combo de ces réponses.
Récemment, je me suis désabonnée de plusieurs comptes de yogis qui ne faisaient poster QUE ça: des photos et des vidéos d'elles en train de faire des postures de folie, comme si leur pratique ne consistait que à faire ça. Et c'est peut-être le cas en fait. Sauf que là, on est clairement dans l'égo, et ce n'est personnellement pas ce que je recherche dans le yoga. Parce que dans les enseignements que j'ai reçu, on m'a appris que l'égo n'était pas un ennemi lorsqu'il n'est pas omniprésent, mais qu'il ne devait pas tout de même pas être trop nourri.

Alors oui, c'est CERTAIN que des images de postures ultra exigeantes et impressionnantes vont amener des gens qui ne s'intéressaient pas au yoga à s'y intéresser et c'est tant mieux! Sauf qu'il ne faut pas oublier que ça va également éloigner certaines personne du yoga et ça, c'est vraiment plate "je ne serais JAMAIS capable de faire tout ça, autant ne pas commencer".
Le yoga est une pratique accessibles à tous. J'insiste sur le tous. Aucun "sauf". Les jeunes, les vieux, les athlètes, les handicapés, tous. Si un prof vous donne l'impression que le yoga n'est pas pour vous, changez de prof. Trouvez votre prof, votre yoga, celui qui vous correspond. C'est aussi simple que ça.

Le yoga, ce n'est pas les kramas (variations des postures) avancés à tout prix. C'est le krama qui convient à votre corps à un instant T. Et votre corps est différent de celui de Tara Stiles ou de Kathryn Budig ou de votre voisine de tapis. Il y a des postures qu'on a instantanément, d'autres qu'on doit travailler fort et d'autre qu'on n'aura jamais. Et c'est bien bien correct : c'est le yoga qui s'adapte à nous et pas nous qui devons nous adapter au yoga. Jamais.


Pour terminer sur une note légère, une vidéo très drôle de JP Sears qui met souvent des coups de pieds dans la fourmilière du développement personnel. Une bouffée d'air frais lorsque l'on commence à trop se prendre au sérieux! #LivingLaYogaLoca

dimanche 10 avril 2016

Les photos en yoga, une réflexion (Partie I)

Disclaimer : il n'y a pas de jugement dans ce post ni de vérité absolue. Mon but est éventuellement d'amorcer une réflexion sur le virage qu'est en train de prendre le Yoga, en apportant ma vision personnelle en temps qu'élève, prof stagiaire et Community Manager.


Je déteste me voir en photo et chaque photo de moi sur les réseaux sociaux est méticuleusement réfléchie. Chacun ses complexes.
Je sais que je ne suis pas la seule et que dans notre société basée sur l'image, la manière dont on nous voit en en public est anxiogène pour beaucoup de monde.

Du coup, je m'inquiète réellement d'une mode qui prend de l'ampleur : prendre les élèves en photos. Que ce soit pendant un cours, un atelier, une retraite. Les photos d'élèves pratiquant le yoga sont omniprésentes sur les réseaux sociaux et pour moi, il y a une vraie question éthique a poser.
Et là, vous allez me dire que j'exagère. Que c'est pas une photo qui fait la différence.
Moi je crois que si, justement. Et encore plus lorsque l'on parle de Yoga.

(le yoga, ce n'est pas une question de ce à quoi tu ressembles, mais de comment tu te sens) 

Dans un cours de Yoga, on apprend à se centrer sur soi, à laisser son ego de côté. À se concentrer uniquement sur ses sensations, ce qu'on ressent, ce qu'on est au plus profond de soi. Pas l'image que l'on renvoie, pas ce que pense le voisin. Juste nous.
Un asana (posture) "correct" ce n'est pas l'image qui est dans un livre, ce n'est pas forcément la posture la plus "esthétique". C'est un alignement anatomique et énergétique en adéquation avec NOTRE corps, et le même asana ne sera pas identique pour deux yogis.

Maintenant, imaginez que quelqu'un sache qu'il y a un risque qu'un de ses asanas se retrouve sur Facebook, parce qu'il sait que son prof le fait souvent, ou bien que le prof a demandé la permission avant le début de la classe et qu'il n'aura pas osé être le seul à dire non. C'est difficile de dire non, surtout à un professeur.
Il va faire quoi? Peut-être réfléchir non plus à ce qu'il ressent, mais à ce à quoi il ressemble. Se déconnecter de lui-même. Avec tout ce que ça implique en risques de blessures par exemple.
Vous voyez?

Et il y a aussi la problématique des photos en savasana (relaxation finale). Où souvent il y a des sourires, des pleurs, des émotions qui sortent.
On a l'habitude de dire que savasana est la posture la plus importante d'un cours de Yoga. C'est un moment extrêmement précieux dans une pratique, où les gens sont en intégration, complètement abandonnés à leurs sensations et dans un état de vulnérabilité extrême.
Ça m'est arrivé une fois de me retrouver en photo, allongée en savasana sur Facebook. Et je me suis sentie tellement mal. Comme si on m'avait volé un moment d'intimité.
Je me dis que si moi, avec mes années de pratiques je me sens mal, imaginez un débutant pas encore à l'aise avec son yoga?

Alors est ce que c'est un point sur lequel on (je) doit travailler, laisser-aller ce contrôle sur mon image, mon ego? Certainement. Mais est-ce que c'est à quelqu'un d'autre de prendre cette décision pour moi? Non. Vraiment pas.

Je ne blâme absolument personne. Et je sais que la plupart du temps lorsque des profs postent des photos de leurs cours sur les réseaux sociaux, cela vient du bon endroit dans leur coeur : l'envie de partager avec le monde une belle expérience, une classe particulièrement forte. Graver dans la mémoire un moment intense. Donner envie à d'autres personnes de faire du yoga, de venir à leurs cours.
Cette envie de partage est tout à fait légitime. Et je sais aussi, par expérience, que l'équilibre entre yoga et marketing est vraiment complexe.

Sauf que j'aimerais vraiment qu'en tant que communauté, on réfléchisse à cette question de l'image. Parce que oui, pour en avoir parlé avec de nombreuses personnes, il y a beaucoup (j'insiste sur "beaucoup") de gens qui ne sont pas à l'aise avec le fait de voir une photo d'eux en classe de yoga sur internet. Et qui n'oseront jamais le dire à leur prof.
Me semble que ce serai une chouette solution que les classes "spéciales  photos" se développent.  Il m'est arrivé d'aller à des classes en tant qu'élève, spécifiquement pour des amies qui avaient besoin de photo/vidéo. Et j'en étais bien heureuse. Mais c'était des classes spécifiques pour ça. Pas ma classe du jeudi midi sur l'heure du lunch ou je veux juste me reconnecter un peu à moi, ni une retraite que j'ai payé plusieurs centaines de dollars pour voir une photo de moi pas maquillée-au-réveil en public sur une page avec 5000 abonnés (note: je ne parle pas ici des grands rassemblements public de yoga, je trouve que la problématique est vraiment différente).

Et j'aimerais avoir votre avis sur tout ça, en tant que prof, ou qu'élève.
Vous en pensez quoi? Vous vous retrouvez dans ces réflexions ou vous trouvez que je suis complément dans le champs?

dimanche 8 novembre 2015

Je prends soin de moi : première semaine

Voilà. Chose promise, chose due, on s'en reparle.
Sept jours. Sept actions pour prendre soin de moi.
Sept photos sur Instagram aussi (@MahinaYoga).


Donc cette semaine pour prendre soin de moi, uniquement de moi, et me nourrir j'ai:
  • Fait une pratique restauratrice et méditative toute douce d'1h30 alors que j'aurais "du" faire un gros Vinyasa.
  • Pris le temps de prendre un long bain chaud avec des bougies, un bon livre et des huiles essentielles.
  • Acheté à ma librairie de quartier, des livres qui nourrissent l'âme: le Plaidoyer pour l'Altruisme de Matthieu Ricard (que j'ai eu l'immense honneur de voir en conférence lundi dernier) et la suite de l'excellente BD l'Arabe Du Future de Riad Sattouf.
  • Rattrapé plein d'heures de sommeil de retard, because insomnies bizarres en ce moment, en décalant des rendez-vous un matin. Je ne suis vraiment pas fonctionnelle quand je manque de sommeil.
  • Binge-watché (re) la saison 1 de Downton Abbey en mangeant des (oui, des) chaussons au pommes. Parce que j'avais la tête pleine et le ventre vide.
  • Trouvé sur ma route une sugilite, pierre plutôt rare que je cherchais depuis longtemps. C'est le cristal des gens qui ne se sentent pas à leur place, le cristal de l'ancrage et de l'amour. Un pouvoir incroyable.
  • Travaillé sur MES projets. Pas ceux des autres, pas pour rendre service, ni pour travailler pour quelqu'un. Pour moi, juste pour moi et ce qui s'en vient dans ma vie.
Et tout ça, (presque) sans culpabiliser, s'il vous plait. Et bah ça fait drôlement du bien pour de vrai.
Et ça donne drôlement envie de continuer.
À suivre?

Et toi, ami lecteur, t'as pris soin de toi cette semaine? Raconte-moi!


lundi 26 octobre 2015

La légitimité

"Alors, ça y est, t'es prof de yoga?"
La phrase que j'ai le plus entendu depuis le mois d'août. La phrase à laquelle j'ai le moins de réponses depuis le mois d'août.

Entre autre parce que dans le yoga, je serai TOUJOURS d'abord une élève avant d'être une prof. Puis aussi parce que, non je n'ai pas fini ma formation. Je n'ai pas fini mon module personnel et c'est une ÉNORME partie de ma formation. Parce que malgré ma pratique personnelle bien installée, je doute. Je doute de ma légitimité. Et je ne veux pas que mes élèves soient des cobayes pour savoir si je suis prête à enseigner ou non. Il faut que ça vienne de moi, du plus profond de moi. Pas de mon égo, pas de mon mental.
Je médite beaucoup là-dessus en ce moment.



Puis une de mes profs de yoga que j'adore. Hyper ancrée dans les traditions, plusieurs années d'études avant de devenir prof. ZÉRO égo. Le coeur à la bonne place et le yoga dans tous les pores de sa peau. Une de celles qui m'a donné envie de devenir prof. Genre une fantastique personne.

Je lui parle de mes doutes. Je lui parle de mes craintes. Je lui parle de mon problème de légitimité et de pourquoi moi, j'ai tellement du mal à me dire que "ça y est, je peux enseigner". Je pensais sincèrement qu'elle allait aller dans mon sens, me dire que j'avais raison d'attendre. Mais ce n'est pas ce qu'elle a fait.
Elle m'a dit quelque chose d'incroyable. Elle m'a dit que mes doutes montraient que j'avais compris des choses dans le Yoga. Que tout le chemin que j'ai fait avec le yoga ces dernières années, avec ma pratique personnelle, c'est ÇA qui amenait ces doutes. Et que ces doutes font de moi une meilleure yogini. Elle m'a dit que je pourrais TOUJOURS être plus prête, plus rigoureuse, plus légitime, plus en confiance. Mais que ça ne veut pas dire que là, maintenant, je n'ai rien à apporter. Et que ce serait dommage de priver les gens de ce que j'ai à leur apprendre maintenant, parce que du chemin, j'en ai déjà fait. Même si dans 2 ans, je serai "meilleure".

C'est comme ça qu'elle voit ma légitimité
Les yeux dans l'eau anyone? Moi, ils se sont noyés.

Tout ça pour dire que des projets j'en ai. Ils se placent doucement.
J'espère pouvoir trouver ma place, ma niche parmi les dizaines de profs de yoga à Québec et pouvoir le faire en intégrité. De toute façon je suis patiente et je n'ai pas "besoin" financièrement d'enseigner (un jour, j'écrirais un post sur l'économie incroyablement violente du yoga).
J'ai cette chance de pouvoir faire passer ma pratique personnelle avant les cours, parce que je crois, non, je SAIS du fond de mon être que je ne pourrais jamais être une bonne prof si je ne m'occupe pas de faire évoluer ma pratique, tout le temps.

Faire les choses dans l'ordre. Prendre mon temps. Rester alignée avec moi-même.
Respecter mon Yoga. Respecter le Yoga.
Tout un programme!

mardi 13 octobre 2015

Chez moi

Hier dans la voiture, traversant la campagne québécoise incroyablement embrasée par les couleurs d'automne:
"Il m'en aura fallu des années pour l'aimer cette ville".
La phrase est lâchée.

Estrie, automne 2015.

8 ans. C'est le temps qu'il m'a fallu pour aimer cette ville. 8 ans.
8 ans pour admettre que la France n'est plus chez moi. 8 ans pour accepter que le Québec ne sera jamais réellement chez moi. 8 ans pour intégrer que ce n'est pas grave, que chez moi ce n'est pas un lieu.
Chez moi c'est ici, maintenant. Chez moi, ce sont mes racines, mon coeur, moi. Chez moi c'est partout et nulle part.

8 ans, c'est le temps qu'il m'aura fallu pour ne plus essayer de TOUT aimer ou de TOUT détester ici. Non, ça ne me fera JAMAIS tripper sortir quand il fait -40, non, le système de santé ne sera jamais correct, quoiqu'on en dise. Non, je ne serai jamais heureuse de payer mes légumes affreusement chers, non je ne comprendrais jamais les relations amicales et non, je ne me ferai jamais à l'amateurisme sociétal.
Mais oui, j'aime d'un amour fou le mois et demi d'automne qu'on a par an, oui, j'aime la sécurité, le rythme de vie et la bienveillance ambiante. Oui, je trouve ça super fun de tutoyer tout le monde et oui, j'aime ce sentiment de village que j'ai dans mon quartier à Québec. Oui, j'aime cette lumière qui donne des photos incroyables et oui, j'adore pouvoir me balader en fringues de yoga sans me faire dévisager.
Tout n'est pas noir ou blanc.

Le yoga m'a permis de faire la paix avec ça. Le yoga m'a permis de faire la paix avec moi, avec cette voie du milieu qui régit beaucoup de ma vie, mais que j'ai tellement de mal à accepter dans ce sentiment d'appartenance. Entre les critiques des gens qui me reprochent de ne pas toujours voir la vie au Québec en rose et la culpabilité "d'abandonner" mes racines françaises.
J'ai trouvé un équilibre.
Et j'ai trouvé cet équilibre quand j'ai arrêté de le chercher à l'extérieur de moi. Quand j'ai arrêté de vouloir le faire valider par d'autres. Parce que cet équilibre il est en moi. Il est moi.
Quelque soient les circonstances extérieures, moi je suis toujours là, pareille. Et ce sentiment d'appartenance vient de moi, de nulle part ailleurs.
Ce n'est pas facile tous les jours. Ce n'est pas complètement gagné Mais j'y arrive, patiemment.

Mantra du moment:
Je suis chez moi, ici et maintenant.



PS: merci à LaNe qui m'a décidé à publier ce post qui trainait depuis 1 semaine en ayant écrit, genre la même chose (clic), mais en mieux. Les grands esprits... <3

vendredi 19 juin 2015

J'ai le droit de ne pas aller bien

Et toi aussi.

Ça fait un peu tache hein, ce titre? Dans un blog sur le yoga, au milieu de ces milliers d'articles bien-être et développement personnel sur son feed Facebbok!
Et pourtant. J'ai besoin d'écrire cet article. Besoin de partager cette épiphanie que j'ai eu récemment: malgré tout ce qu'on me dit toute la journée, J'AI LE DROIT de ne pas aller bien. J'AI LE DROIT de traverser une période compliquée. J'AI LE DROIT de ne pas avoir envie de voir la vie en rose.
Dans notre société où on met de plus en plus en avant le devoir que l'on a d'être plus en forme, plus en santé, plus positif, plus inspirant, où pas un jour ne passe sans lire un article qui nous dit de "s'éloigner des gens négatifs et de s'entourer que de positif" j'ai besoin de comprendre.
Vous vous rendez-compte la culpabilité que ça créé cette pression du positivisme à tout prix?
GIVE ME A BREAK!

(pour qu'il y ait de l'ombre, il faut qu'il y ait de la lumière et réciproquement)

Depuis quand, la vie est 100% positive? Depuis quand, on est TOUT LE TEMPS heureux? Depuis quand on doit traiter ces périodes de loose comme des "anormalités"? Depuis quand le Yin existe sans le Yang?

Dans mon séminaire de respiration transformatrice de l'an dernier, il y a aune phrase qui revenait toujours "tout est parfait". Et qu'est ce qu'elle m'a énervé profondément cette phrase. Mais pas parce qu'elle est fausse. Parce que je ne la comprenais pas. J'explique.

Quand je me sens bien, c'est facile de voir que tout est parfait. Mais quand ça va pas fort, comment peut-on oser me dire que tout est parfait? En trouvant du positif dans toutes les situations? Impossible. Il y a des situations qui ne sont pas positives du tout. Zéro. Nada. (je ne partage pas ici, mais je suis certaine que tu vois de quoi je parle).
Et pourtant. Ça aussi, c'est parfait.

Non pas parce que j'essaye de trouver du positif en tout, mais bien parce que traverser des périodes sombre, c'est parfait et que j'ai appris à accueillir ce négatif.
Attention! pas à m'y complaire ni à l'alimenter (pas de victimisation ou de broyage d'idées noires). Mais bien à l'accepter et à laisser aller cette obligation de positiver. Mes périodes sombres font parties de ma vie et elles sont impermanentes. Rien ne dure jamais, surtout pas la loose.
Une des choses dont j'ai réellement pris conscience récemment c'est cette impermanence. Concept, entre autre, très bouddhiste, mais tellement vérifiable tout le temps. TOUT est impermanent dans notre vie. Les moments de bonheurs le sont, mais les moments de looses aussi. Et tout ces moments là sont "normaux". Ils ne peuvent exister les uns sans les autres.

Du coup, j'ai développé ma petite méthode à moi pour les moments où ça va vraiment pas. Victime  depuis longtemps de crises d'angoisses, j'ai vu une amélioration notable depuis que j'arrête de les combattre, mais que j'apprends à les accepter et à les laisser aller (comme un peu avec mes blessures).

Quand une situation de loose apparait, je reste proactive: je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour en sortir. Mais des fois, il y a dans ces situations des paramètres qui ne dépendent pas de moi où de ce que je pourrais faire ou ne pas faire. Alors, le combat ne sert plus à rien.
Une fois que je suis certaines d'avoir fait tout ce que j'ai pu, j'essaye d'accepter la situation telle qu'elle est, d'accepter les inconforts, la tristesse, la frustration, la colère, l'angoisse qu'elle me procure. Et d'accepter que ces sentiments font parti de moi et que pour le moment je ne suis pas en mesure d'en "sortir" donc qu'il faut que j'accepte cet inconfort, pour un temps. Mais je ne m'y accroche pas, je les laisse être. Et là, MAGIE! au bout d'un moment, souvent sans m'en rendre compte, je laisse aller. Et bien que la situation ne soit pas elle-même plus confortable, moi, je m'y sens mieux. Puis la vie reprend son cours.

Une petite méditation rapide qui m'aide à faire ça (faite encore ce matin, dans le bus, en écoutant "Om-Shanti-Om" le mantra de paix)
À l'inspire: J'AI LE DROIT, de me sentir triste/frustrée/angoissée/anything
À l'expire: Ce sentiment ne durera pas, tout est parfait
Alors soit, cette méditation là n'est pas parfaite. Elle n'est pas dans le présent puisqu'elle promet que ça ira mieux plus tard. Mais sur moi, elle fonctionne réellement en cas de "crise" et c'est ça l'essentiel.

Et surtout je n'oublie jamais que:
J'AI LE DROIT de ne pas aller bien. Mais j'ai AUSSI le droit d'aller super bien.





PS: Merci à Julie de m'avoir donner le coup de pouce nécessaire pour publier ce post, le plus perso du blog jusqu'à présent.

dimanche 11 janvier 2015

L'histoire de Mon Yoga

La décision de poster aujourd'hui n'a pas été facile. Comme beaucoup, j'ai vraiment pris très fort les évènements de cette semaine. Mais la vie ne s'arrête pas.
On n'oublie pas, on n'oubliera jamais, mais on redresse les épaules, on s'aime et on continue.
#JeSuisCharlie




Pourquoi le yoga? Je te raconte
Il y a moultes années, je me suis blessée le genoux. Méchamment. Depuis, impossible de faire quelconque sport avec impact, alors que j'adorais courir.
En arrivant an Québec, une "amie" (vous allez comprendre les guillemets dans pas long) m'a proposé de commencer avec elle des cours de Pilates. Long story short, après le premier cours, elle m'a faite une réflexion qui a tapé DIRECT dans mes vieux complexes je n'y suis plus jamais retournée (et j'ai perdu ma session).
Mais du coup, je voulais quand même faire du sport. Et dans cette salle, il y avait aussi des cours de yoga. Tiens, pourquoi pas?

Et là, la révélation.
Nan, j'déconne. Pour moi le yoga, ça a pas été un coup de foudre.

J'ai aimé ça mais sans plus. Pendant plusieurs années, j'y suis allée on and off, en me disant que ça faisait drôlement du bien quand même, mais c'était loin de chez moi, la salle était moche, les profs changeaient tout le temps puis il manquait un truc. Mais j'ai continué quand même, en dilettante.
Puis j'ai trouvé un chouette studio à côté de chez moi. Avec de super profs. Et j'ai commencé à y aller 1, 2, 3 fois par semaine, à m'équiper pour de vrai, à redécouvrir la méditation, la philosophie qui va derrière, la spiritualité de la discipline.

J'ai découvert que même si j'étais souple comme une brique (ndlr: un jour, j'écrirais un bouquin de yoga et il s'intitulera "le yoga pour les briques". Je pose ça ici par écrit) et que mes asanas c'était pas vraiment comme dans les vidéos YouTube, bah j'étais vachement bonne en respiration et capable de rentrer à l'intérieur de moi très facilement. Bref, que j'étais BONNE en yoga.
En MON yoga. Pas celui de la voisine, pas celui de la prof, le MIEN.
J'ai découvert plein de choses sur moi-même, des choses que je veux partager avec vous (hence, ce blog), des choses plus personnelles. J'ai compris que le yoga ce n'était pas un exercice physique, mais un exercice pour ton Toi tout entier.

J'ai aussi compris qu'on ne possède jamais le yoga et que la seule attitude à avoir est celle d'être TOUJOURS une élève, à chaque instant de chaque pratique. Que n'importe quelle posture peut être redécouverte selon là où on est dans sa vie. Que c'est une pratique qui change complètement d'une séance sur l'autre, en fonction d’absolument tous les paramètres, intérieurs et extérieurs. J'ai appris à lâcher prise et à prendre du temps juste pour être dans le moment.
Ça sonne ultra grano, mais je t'assure, ami lecteur, qu'est ce que ça fait du bien!

Après non, je ne fais pas une pratique d'asana tous les jours. Il y a des périodes où je ne "peux" simplement pas, où je ne suis pas disponible pour ça. Mais c'est pas grave, le yoga pardonne, le yoga accueille et le yoga ne t'en veut jamais. (bon, je vais pas te mentir, tes chaturanga tu les sens passer quand tu t'y remets alors que t'as plus fais de salutation au soleil depuis 3 semaines :)).

La voie du yoga n'est pas forcément linéaire, Tu ne te réveilles pas forcément un matin en commençant à faire une pratique de yoga par jour pour tous le reste de ta vie. Mais une chose est sure: TOUS les gens que je connais et qui ont commencé un jour le yoga l'ont gardé dans leur vie d'une manière ou d'une autre.

Et toi, ami lecteur, tu fais du yoga? Tu t'y es mis comment? Si non, tu as envie de t'y mettre? Pourquoi? Raconte-moi!

dimanche 4 janvier 2015

Namaste!

"La lumière en moi honore la lumière en toi"


Bienvenue, ami lecteur! Que tu sois tout nouveau tout beau ou tout vieux (mais tout beau aussi, hein) et que tu connaisses déjà ma plume mon clavier, voici mon nouveau bébé.
J'ai eu besoin de changer d'air un peu, de repartir de zéro, de m'ouvrir un nouvel espace d'expression où je pourrais vous parler de mes nouvelles passions. Le yoga et consorts occupent de plus en plus de place dans ma vie et je me sens le besoin de partager tout ça. Oh, ça ne se veut pas exhaustif, juste des impressions, des découvertes et des partages d'outils que j'ai acquis qui facilitent ma vie.
Promis, je vais essayer de rendre ça le plus intéressant et grand public possible afin que tout le monde puisse trouver de quoi lire dans ce blog.
J'avoue être un peu nerveuse à l'idée de reprendre les posts et surtout à la réception que vous allez me faire, moi qui ai déserté la blogosphére depuis si longtemps et qui change complètement de ligne éditoriale pour le coup.
T'embarques avec moi?