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jeudi 9 juillet 2020

De la Cancel Culture chez les granos.


Bon. Maintenant que mon titre bien racoleur à fait cliquer, parlons de choses sérieuses.

Tout d’abord le fait que la “cancel culture” n’existe pas et que c’est un concept créé par les gens “cancelés” par les mouvements Me Too, BLM, Anti-raciste, anti-transphobe (JK Rowling, on te voit), etc... qui les place en victimes alors que ce sont eux les bourreaux. Ils ne sont pas “cancelés”. Ils sont légitimement “call out” pour des idées nauséabondes. Nuance.


Photo par Casey Horner


[TW agressions sexuelles, abus, trauma]


J’aimerai parler ici du fait que dans le monde du yoga, du développement personnel, les abus de pouvoir, les agressions sexuelles et autres horreurs sont légions. Les accusations ont explosées ces dernières années, et il y a peu de chance que lorsque vous googlez une école “moderne” de Yoga, vous ne trouviez pas d’allégations (ou de condamnations) envers leur guru -professeur en Sanskrit-. (on parle ici bien de Desikachar, Iyengar, Yogi Bhajan, L’école de Nidra, Bikram et littéralement des dizaines d’autres).

De la même manière, les “gourous” du développement personnel -ici lire, connards en langue moderne- sont bien trop souvent des gens dont l’égo est tellement gigantesque que les abus sont courants.


Je vais juste faire une mise au point ici avant de continuer: par défaut, je crois les victimes. Les victimes, pour l’immense majorité des femmes, n’ont absolument rien à gagner à mentir. On l’a vu pendant les vagues me too, elles sont traînées dans la boue et les bourreaux s’en sortent souvent avec juste une tape sur la main et leur carrière intacte. La dénonciation ruine souvent la vie de celle qui l’a faite et elle obtient rarement réparation. Je trouve ces femmes extrêmement courageuses et je les crois de toute mon âme.


Je vais prendre ici deux exemples récents, pour moi, et qui m’ont touchés directement.

Je ne sais pas si vous avez entendu parlé du pétage de plomb monumental de Doreen Virtue. Ce n’est pas nouveau, mais je l’ai appris il y a peu. Doreen Virtue, la papesse des cartes d’oracle, de la communication avec les anges, a décrété un jour, qu’elle avait eu un éveil religieux et que tout son travail sur les anges était démoniaque.  Elle se “bat” à présent pour faire retirer ses cartes de la vente et s’excuse de nous avoir amené vers Satan (en gros).

J’ai commencé mon travail avec les Oracle avec ses cartes. Et je n’ai jamais vraiment accroché. Trop lisses, trop superficielles, mais faciles à appréhender. En apprenant tout ça, je me suis débarrassée des oracles que j’avais d’elle. Et j’ai réfléchi au fait que je les avais gardé parce que, malgrés mon intuition et mon ressenti, tout le monde la considérait comme une vraie guide.

L’autre exemple qui land close to home c’est Nahko. Nahko, le chanteur avec sa “medicine tribe” avec ses paroles magiques qui nous ont accompagnés, moi et tant d’autres, sur notre chemin intérieur. Mais aussi Nahko l’activiste pour plein de belles causes.

Nahko vient d’être accusé publiquement de toutes sortes d’abus. Ça va de “c’est un gros cave” à des viols sur mineures en passant par au moins une des ses ex qui témoigne de relation abusive. Ici, même si un seule c’est déjà trop, on parle de DIZAINES de témoignages sur de nombreuses années que le milieu connaissait mais qui ne sortent publiquement que maintenant.

Il a répondu avec un post super marketing-legal en ne prenant pas ses responsabilités.

Et j’ai supprimé Nahko de toute mes playlists.

Et non, on ne peut séparer l’homme de l’artiste, surtout lorsque son “art” se veut “medicine”.


Nahko, Doreen Virtue, Bikram et tant d’autres.

Je suis persuadée que lorsque l’on guide des gens dans leur spiritualité, on peut se permettre un peu de ”faites ce que je dis, pas ce que je fais”, mais seulement jusqu’à un certain point. Et on peut également enseigner et guider lorsque l’on est soi-même encore sur son chemin. Si un guru vous dit qu’il n’a plus rien à apprendre et est gavé de certitudes sur le “bon chemin” à prendre fuyez! Il est sain pour des professeurs d’avoir des doutes et des choses à explorer en interne.

Mais.

Mais il est primordial que ce chemin soit déjà BIEN entamé. Comment de la musique peut être medicine si elle a été écrite tout en abusant des femmes? Comment des cartes d’oracles et des enseignements peuvent être justes et bienveillant s’ils sont considérés par leur autrices comme étant malveillants? Comment le yoga Nidra peut être bénéfique si il a été conçu par des hommes qui ont torturés des dizaines de femmes (Google it)?

La cohérence. 

Pour guider les autres vers leur lumière, on doit nous même être guidé par la nôtre.



Alors on fait quoi? 

Alors comment on s’affranchit, en tant que yogi, que prof, que femme, que facilitatrice, de cet héritage toxique à l’extrême?

Je crois qu’il n’y a pas de réponse simple. 

Mais suivre notre intuition profonde est un beau point de départ.

Et croire et soutenir par défaut les victimes de ce système en est un autre, qui nous permettra d’assainir le milieu.

Reprendre le pouvoir sur son propre cheminement. Se faire guider avec bienveillance.

Et penser intersectionnalité des luttes. On en peut remettre en cause ces abus sans analyser les enjeux sociétaux derrière.


Moi, pour le moment, je travaille fort sur tout ça. Je partage, je transmets ce que je pratique et ce que j’ai intégré. J’essaye de garder mon oeil critique et mon libre arbitre aux aguets lorsque je lis des choses écrites par des hommes, pour des hommes. Je recalibre lorsque des scandales éclatent dans mes “lignées”. Je m'instruis sur l’activisme et les privilèges en dehors des cercles granos, pour pouvoir les y ramener. Je n’ai plus peur de remettre en question les enseignements des “maîtres” et je cherche plus loin lorsque cela ne me convient pas. Je reviens aux sources originelles des textes sur le Yoga, sans avoir besoin qu’un homme qui est incapable de confronter ses propres noirceurs, mes les traduise. 

Je me rends aussi compte que mes guides ces dernières années, étaient en immense majorité, des femmes. Des Femmes formidables, avec leur vécu de Femme, leurs blessures de Femme, et leur évolution dans un monde d’Hommes.


J’invite avec bienveillance vos réflexions, vos avis, vos témoignages.

Ensemble, on sera plus fort.e.s. Et on pourra faire changer les choses.




jeudi 10 août 2017

La légitimité

La légitimité de ne pas aller bien. La légitimité d'être aidée. La légitimité d’être prof de yoga. La légitimité d'être et de continuer malgré tout.

Après avoir bataillé fort avec mon égo (avant de comprendre qu'il n'y avait pas de combat, juste du lâcher prise), me voilà en face de mon souci de légitimité. Ce souci qui m’empêche de faire des tas de choses. De demander de l'aide quand j'en ai besoin. D'écrire sur ce blog et de guider des méditations alors que je n'ai pas déroulé mon tapis depuis des mois.

Je passe mon temps à dire que le yoga ce n'est pas (que) des asanas (des postures). Que les asanas en vrai, c'est juste fait pour préparer la méditation pour atteindre l'éveil. puis que le yoga a bien d'autre branches qui régissent la vie en générale. Le yoga ce n'est pas de l'exercice.
On"fait" pas du yoga, on vit EN yoga.
Et lorsque l'on vit en yoga on ne peut pas se cacher, pas faire semblant.


Et bien me voilà en plein dedans.
Je me suis rendue compte que j'ai plus été en yoga pendant ces 2 dernières années que toutes les heures passées sur mon tapis. À m'occuper des autres, à apprendre à m'occuper de moi. À appréhender la vie sans aucune zone de confort, avec des racines en suspension et à devoir me ramener constamment dans le présent, juste pour survivre. Oui, survivre.
C'est épuisant. Et incroyablement riche.
Et je remercie tous les jours ce bagage incroyable, ces professeurs merveilleux qui ont croisé mon chemin et qui m'ont outillé pour faire face à tout ça. Pour laisser aller. même si c'est la chose la plus difficile au monde.
Je commence à entrevoir ma propre guérison à travers les épreuves. Je commence à comprendre que ma fragilité est une force. Je commence à reprendre le contrôle de mon pouvoir. Et à comprendre ma légitimité.

Tout ça pour dire que je serai de retour à partir de septembre chez OmYoga pour guider tous les dimanches soir un belle séance de médiation au son des bols tibétains. Puis que je n'ai jamais été aussi certaine d'être à la bonne place.

Et je vais essayer de tout mon cœur d’être de retour plus régulièrement ici. Merci pour vos messages, ils m'ont réellement fait du bien à l’âme.

vendredi 30 juin 2017

De la vie, de la mort et de ce qu'il y a entre les deux.

1 an et 10 jours depuis mon dernier post.
Toute une vie s'est écoulée depuis.

J'écris ce post pour ceux qui me suivent depuis longtemps. Un post beaucoup plus personnel que d'habitude (si tant est qu'on puisse encore parler d'habitude).


Novembre 2015. Coup de fil à 5h du matin. Chez les expatriés, on n'aime pas trop les coups de fil de 5h du matin. On sait que c'est soit la grand-mère qui s'est encore trompée dans les fuseaux horaires soit des mauvaises nouvelles de l'autre coté de l'Atlanique .

Ma maman, toute seule en France, a une maladie grave. Du genre quelques mois à vivre.
Billet d'avion pris pour 1 mois et demi. Finalement, presque 5 mois en France, à veiller des nuits entières, à l'accompagner du mieux que je pouvais entre les médicaments, les méditations anti-douleur, le chamanisme, les bols, les huiles essentielles. 5 mois ou j'ai mis ma vie entre parenthèse grâce à l'appui indéfectible de mon amoureux, où j'ai pu être exactement là où je devais être sans me soucier (trop) de ma vie à Québec. 5 mois où je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. 5 mois à profiter de ma maman encore un peu.
Puis le retour, une accalmie. Une rémission comme ils disent.
2 mois à Québec où je me suis occupée de moi, où j'ai rechargé un peu mes batteries. Mes amis ont été là. Mais j'ai aussi compris que j'étais totalement en décalage avec ma vie d'avant.
Puis la cerise sur le sunday : je tombe enceinte. 
De jumeaux.
La vie....

Je refais quelques allers-retours en France, entre grossesse à risque et besoin d'aider. 
Fin septembre, on pense que c'est la fin. Je décale mon voyage jusqu'à la dernière limite où c'est sécuritaire pour les bébés de voyager, mais je suis obligée de rentrer en sachant que c'est probablement la dernière fois que je vois maman.
Je suis épuisée. Je suis hospitalisée  au repos complet (sans internet, sans TV dans un chambre double. Déprime) pour menace de travail prématuré (mais les bébés sont top shape). Je mets en branle mon réseau pour nous soutenir, en yoga en méditation, en travail énergétique, en reiki, en chamanisme, en acupuncture. Finalement, les bébés et moi on se rend au déclenchement. Champions.

Sauf que, l'accouchement est difficile, à mille lieu de mon accouchement-à-l'hopital-mais-un-peu-grano-quand-même que je voulais. Les bébés vont super bien. Moi je suis démolie. Et je fais des complications.
Maman s'en va 2 semaines près la naissance des amours, sans que je puisse lui dire au revoir; elle ne savait plus vraiment où elle était.
Pour moi, 2 mois d'allitement, plusieurs allers-retours à l'hopital. Un amoureux absolument fantastique qui gère tout.
Puis, je perds mon grand père.
La vie....

Des bébés adorables mais très exigeants. Fois deux.
Le physique qui commence à se remettre tout doucement. Les deuils que je n'ai pas le temps de faire.
Mon tapis que je n'ai pas déroulé depuis des mois. Mais un atelier de méditation que j'ai facilité et qui était étonnamment facile pour moi.

Le rejet total de tout ces bons conseils de type "force toi de voir le positif dans les épreuves", parce que parfois il n'y en a pas. Il faut juste passer à travers. Go with the flow. En essayant juste de garder les morceaux de soi le plus intact possible, en essayant de ne pas les perdre dans les tempêtes.

Cependant, l'impression que de tout ça va émerger une version plus forte de moi-même. Une version différente, mais plus ancrée, plus centrée sur l'essentiel. Plus en mesure de devenir une professeure de yoga qui incarne ce que je veux incarner.

Pour l'instant, je m'occupe de mes amours, de ma famille et j'essaye de me réaligner avec la vie. De remonter la pente. De refaire mes réserves. Le décalage est toujours là. Ça va demander du travail et beaucoup de douceur.
Chaque chose en son temps.

Mais j'ai envie de recommencer à écrire.
Peut-être ici?

lundi 20 juin 2016

Mon meilleur outil bien-être : Facebook

BOOM.
Oui. C'est étrange ce titre, hein?
Un réseau social, un outil bien être?

Si vous avez un peu suivi, bien que je n'en ai que peu parlé, j'ai passé plusieurs mois physiquement loin de chez moi à prendre soin de ma famille.
Être loin de ses repères, de son amoureux, de ses amis, de ses projets pendant 5 mois, en ayant eu exactement 7 jours de préavis c'est pas exactement super méga facile. Surtout que c'était pas pour une retraite de yoga à Bali, on s'entend.
Physiquement et psychologiquement, il y a l'épuisement, la lassitude, le manque d'ancrage. Le quotidien est chamboulé, il n'y a plus rien à quoi s'accrocher. Plus de moment pour prendre soin de moi, plus de moment pour être seule avec moi-même. Et plus de connexion réelle avec mes proches ici au Québec.

Et bah tu sais ce qui m'a permis de tenir le coup?
Facebook.
Ça a été non seulement le meilleur dispositif d’évitement au monde (tu sais, quand la réalité est juste trop à gérer et que ton cerveau à besoin d'un dérivatif le temps d'avoir la force de gérer le tout? Évitement), mais ça m'a permis de garder contact avec ma vie à moi, loin là bas.
J'ai pu écrire, beaucoup, certains ont dit trop, mais je m'en fiche. J'ai pu choisir aussi qui voyait tout ça, grâce aux paramètres de confidentialité.
J'ai reçu des dizaines de messages, publics ou privés de gens qui sont, grâce à tout ça, passés de connaissances à amis. De gens qui m'ont dit que je leur manquais, de gens qui ont maintenu mon espace et gardé ma place sans que je n'ai à demander. Des gens qui ont pris soin de moi. Et qui ont été là "en vrai" à mon retour.


J'ai pu aussi donner de mes nouvelles lorsque je n'avais pas l'envie ou la force d'écrire 8000 messages perso. Une photo, un mot, pour dire que tout va bien ou que non, ça va pas trop, et les réponses de mes amis qui comprenaient que leur présence virtuelle à défaut d'être physique était indispensable.
Une solidarité, un appui, un amour incroyable. Qui aurait été plus difficile à maintenir sans Facebook.

Alors en cette époque où faire une "détox des réseaux sociaux" est la nouvelle mode, moi je dis prout. Rendez vos réseaux sociaux bienveillants, remplissez-les de gens que vous aimez et qui vous aiment, choisissez votre réseau, faites en sorte d'y trouver ce dont vous avez besoin. Avec les paramètres de confidentialité toujours plus pointus, vous n'avez aucune excuse pour voir des choses que vous ne voulez pas voir ou partager avec des gens avec qui vous ne voulez pas partager. C'est tellement simple.
Pour moi, les gens qui disent que Facebook empêchent de vivre la "vraie vie" ne savent juste pas s'en servir.
Parce que sans mon Facebook (et les gens fantastiques qui le peuplent), moi, je n'aurais pas tenu le coup. Vraiment.

Et vous, vous avez une belle histoire de réseau social à partager?


vendredi 10 juin 2016

Guider mes premiers cours de Yoga

***DISCLAIMER
Professeure de Yoga.
Voilà. J'"enseigne" le Yoga. Je suis donc, logiquement "professeure".
Sauf que, come on, who am I kidding, qui peut réellement prétendre "enseigner" le yoga? L'enseignement requiert une maitrise d'un sujet. La personne qui prétend maîtriser le Yoga n'a rien compris au Yoga.
Le Yoga ne se maîtrise pas, le Yoga se vit. Le Yoga n'est pas quelque chose que l'on apprend, mais quelque chose que l'on transforme. Et nos connaissances en Yoga ne peuvent pas être figées, elles évoluent avec nous.
Je ne considère pas que j'enseigne, je considère que je "transmets" ce que j'ai compris du Yoga à un temps T, ce qui, je l'espère, amène les gens à trouver leur Yoga à eux. À comprendre quelle est leur voie. Et que leur voie est différente de la mienne Je n'ai rien à enseigner à personne.
Transmitteuse? Facilitatrice? Élève éclairée? Il n'y a pas vraiment de mot en fait. On va donc continuer à utiliser "professeure de Yoga" mais je suis pas vendue au concept ;)


Ça brasse, comme on dit au Québec. Ça brasse fort, ces premiers cours de Yoga.
Ça me ramène vraiment à l'égo. Ça me ramène à la personne que je n'ai pas envie d'être mais que je suis un peu. Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable que devant une salle d'inconnus en leggings. Toute nue. Sans rien pour me cacher.
L'égo est là, comme l'envie de plaire. L'envie que les gens t'aiment, qu'ils se disent "MY GOD, c'est la MEILLEURE prof de Yoga que j'ai eu". Sauf que non, le Yoga ça ne fonctionne vraiment pas comme ça.
Plusieurs fois, je me suis retrouvée face à un dilemme: laisser mon égo prendre le dessus et faire ce que les élèves avaient envie de faire. Ou rester dans mon centre et faire ce que je savais être juste, mais qui ne ferait pas l'unanimité pour les personnes présentes.
J'ai fait les deux. Et je vous le mets dans le mille : lorsque c'est l'égo qui dicte mon cours, c'est la catastrophe. Lorsque c'est mon centre qui fait la job, c'est TELLEMENT facile et parfait.
Alors oui, en tant que professeure de Yoga, il faut accepter qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Que certaines personnes ne reviendront pas dans ton cours. Et c'est BEN correct. C'est difficile pour l'égo, mais c'est tellement normal et sain finalement.

Et puis cette peur initiale. De ne pas être à ma place. De faire une pâle copie de ce que mes professeurs m'ont transmis. Du plagiat.
Et finalement non. Lorsque je sors du mental, l'impression viscérale d'être exactement à ma place. D'avoir encore du chemin à faire, bien entendu, mais d'être sur la bonne route. Et puis le sentiment de ne pas faire de plagiat. De plus en plus, je suis capable de mettre ma couleur, mon coeur à moi dans ce que je transmets, à partir des bases que l'on m'a donné. Piocher dans tous mes outils, les passer à travers les lunettes de mon expérience, de mon vécu, de ma pratique et transmettre ma vérité à moi, celle de personne d'autre. Certainement le plus gros des challenges.

Puis cette gratitude envers tous mes professeurs. Je me rends compte à quel point, jusqu'ici, j'ai eu de la chance. J'ai l'impression d'avoir réellement été formée par les meilleurs, en tout cas, les meilleurs pour moi. Parce que je ne suis pas perdue face à tout ça. Parce que j'avance pas à pas avec une base saine, solide et extraordinairement sécuritaire, mais avec assez de liberté pour pouvoir me trouver en tant que professeur sans être le clone de quelqu'un.
Gratitude envers toutes les personnes sur ma route qui facilitent mon chemin en ce moment.

Finalement, je suis certaine que j'en apprends plus sur le Yoga lors de mes cours que les gens en face de moi ;)
Gratitude. Humilité. Respect.

TO BE CONTINUED <3

mercredi 27 avril 2016

Les photos en yoga, l'image que l'on choisi (Partie II)

Je suis vraiment impressionnée par les réactions que j'ai eu suite à la publication de la première partie de ma réflexion personnelle sur les photos et le yoga. Je pensais provoquer une mini shitstorm, me mettre des gens à dos. Au lieu de ça, j'ai eu de vraiment beaux messages de gens que mon post a fait réfléchir. Et même si tout le monde n'est pas d'accord, le débat était intelligent et respectueux. Parfait <3

Forte de cette expérience, j’aimerai partager la suite de la réflexion que j'ai en ce moment, à savoir la problématique des photos d'asanas (postures) sur les réseaux sociaux.
 
Avec la multiplication des réseaux sociaux et l'omniprésence de l'égo et de l'image dans la société on voit la multiplication exponentielle de photos d'asanas les plus acrobatiques les uns que les autres dans notre quotidien. Parce que, qui voudrait voir quelqu'un faire un simple balasana, right?
Pas pas si right que ça en fait.

Lorsque j'avais posé la question sur Facebook il y a un petit bout de temps, vous avez été nombreuses à me répondre que ce genre de photo vous motivaient vraiment, vous incitaient à vous dépasser et à sortir de votre zone de confort. Vous avez été tout aussi nombreuses à me dire que ce genre de photo vous déprimaient, ou pire, qu'elles vous décourageaient de commencer le yoga.
Wait, WHAT?

Certaines choses que j'ai lu m'ont mis mal à l'aise. Le yoga ce n'est pas des postures acrobatiques. En tout cas pas des postures acrobatiques pour faire des postures acrobatiques. Puisque les asanas (postures) ne sont pas un but, mais un moyen d'arriver à Samadhi, l'illumination ultime, à travers la méditation, que l'on prépare avec les asanas.
Ça change un peu la perspective, non?

Souvent, la posture la plus difficile en yoga: rester en silence et en présence avec soi-même.

Et contrairement à ce que fait croire l'instantanéité d'une photo, je ne connais aucun yogi qui fait des handstands, des scorpions, des danseurs ou des équilibres en torsion sans s'être auparavant échauffé en malade. Et avoir pratiqué plusieurs années souvent. (et ndlr: ce ne sont souvent pas les postures les plus acrobatiques qui sont les plus difficiles à réaliser). Mais ça, on ne le voit pas sur une photo.

Personnellement, j'adore voir l'évolution de mes amis ou de yogis que je suis depuis longtemps. Les voir peu à peu maitriser une posture compliquée et le voir documenter sur leurs réseaux sociaux, je trouve ça vraiment super inspirant. Et croyez moi, lorsque j'aurai mon équilibre sur les mains, vous allez en entendre parler solide :)

Mais la question que je me pose réellement lorsque je vois des photos d'asanas complexes estampillés "yoga" c'est : dans quel but la personne a posté cette image? Pour motiver les gens? Pour faire un changement positif dans la communauté? Pour booster son égo? C'est souvent un combo de ces réponses.
Récemment, je me suis désabonnée de plusieurs comptes de yogis qui ne faisaient poster QUE ça: des photos et des vidéos d'elles en train de faire des postures de folie, comme si leur pratique ne consistait que à faire ça. Et c'est peut-être le cas en fait. Sauf que là, on est clairement dans l'égo, et ce n'est personnellement pas ce que je recherche dans le yoga. Parce que dans les enseignements que j'ai reçu, on m'a appris que l'égo n'était pas un ennemi lorsqu'il n'est pas omniprésent, mais qu'il ne devait pas tout de même pas être trop nourri.

Alors oui, c'est CERTAIN que des images de postures ultra exigeantes et impressionnantes vont amener des gens qui ne s'intéressaient pas au yoga à s'y intéresser et c'est tant mieux! Sauf qu'il ne faut pas oublier que ça va également éloigner certaines personne du yoga et ça, c'est vraiment plate "je ne serais JAMAIS capable de faire tout ça, autant ne pas commencer".
Le yoga est une pratique accessibles à tous. J'insiste sur le tous. Aucun "sauf". Les jeunes, les vieux, les athlètes, les handicapés, tous. Si un prof vous donne l'impression que le yoga n'est pas pour vous, changez de prof. Trouvez votre prof, votre yoga, celui qui vous correspond. C'est aussi simple que ça.

Le yoga, ce n'est pas les kramas (variations des postures) avancés à tout prix. C'est le krama qui convient à votre corps à un instant T. Et votre corps est différent de celui de Tara Stiles ou de Kathryn Budig ou de votre voisine de tapis. Il y a des postures qu'on a instantanément, d'autres qu'on doit travailler fort et d'autre qu'on n'aura jamais. Et c'est bien bien correct : c'est le yoga qui s'adapte à nous et pas nous qui devons nous adapter au yoga. Jamais.


Pour terminer sur une note légère, une vidéo très drôle de JP Sears qui met souvent des coups de pieds dans la fourmilière du développement personnel. Une bouffée d'air frais lorsque l'on commence à trop se prendre au sérieux! #LivingLaYogaLoca

dimanche 10 avril 2016

Les photos en yoga, une réflexion (Partie I)

Disclaimer : il n'y a pas de jugement dans ce post ni de vérité absolue. Mon but est éventuellement d'amorcer une réflexion sur le virage qu'est en train de prendre le Yoga, en apportant ma vision personnelle en temps qu'élève, prof stagiaire et Community Manager.


Je déteste me voir en photo et chaque photo de moi sur les réseaux sociaux est méticuleusement réfléchie. Chacun ses complexes.
Je sais que je ne suis pas la seule et que dans notre société basée sur l'image, la manière dont on nous voit en en public est anxiogène pour beaucoup de monde.

Du coup, je m'inquiète réellement d'une mode qui prend de l'ampleur : prendre les élèves en photos. Que ce soit pendant un cours, un atelier, une retraite. Les photos d'élèves pratiquant le yoga sont omniprésentes sur les réseaux sociaux et pour moi, il y a une vraie question éthique a poser.
Et là, vous allez me dire que j'exagère. Que c'est pas une photo qui fait la différence.
Moi je crois que si, justement. Et encore plus lorsque l'on parle de Yoga.

(le yoga, ce n'est pas une question de ce à quoi tu ressembles, mais de comment tu te sens) 

Dans un cours de Yoga, on apprend à se centrer sur soi, à laisser son ego de côté. À se concentrer uniquement sur ses sensations, ce qu'on ressent, ce qu'on est au plus profond de soi. Pas l'image que l'on renvoie, pas ce que pense le voisin. Juste nous.
Un asana (posture) "correct" ce n'est pas l'image qui est dans un livre, ce n'est pas forcément la posture la plus "esthétique". C'est un alignement anatomique et énergétique en adéquation avec NOTRE corps, et le même asana ne sera pas identique pour deux yogis.

Maintenant, imaginez que quelqu'un sache qu'il y a un risque qu'un de ses asanas se retrouve sur Facebook, parce qu'il sait que son prof le fait souvent, ou bien que le prof a demandé la permission avant le début de la classe et qu'il n'aura pas osé être le seul à dire non. C'est difficile de dire non, surtout à un professeur.
Il va faire quoi? Peut-être réfléchir non plus à ce qu'il ressent, mais à ce à quoi il ressemble. Se déconnecter de lui-même. Avec tout ce que ça implique en risques de blessures par exemple.
Vous voyez?

Et il y a aussi la problématique des photos en savasana (relaxation finale). Où souvent il y a des sourires, des pleurs, des émotions qui sortent.
On a l'habitude de dire que savasana est la posture la plus importante d'un cours de Yoga. C'est un moment extrêmement précieux dans une pratique, où les gens sont en intégration, complètement abandonnés à leurs sensations et dans un état de vulnérabilité extrême.
Ça m'est arrivé une fois de me retrouver en photo, allongée en savasana sur Facebook. Et je me suis sentie tellement mal. Comme si on m'avait volé un moment d'intimité.
Je me dis que si moi, avec mes années de pratiques je me sens mal, imaginez un débutant pas encore à l'aise avec son yoga?

Alors est ce que c'est un point sur lequel on (je) doit travailler, laisser-aller ce contrôle sur mon image, mon ego? Certainement. Mais est-ce que c'est à quelqu'un d'autre de prendre cette décision pour moi? Non. Vraiment pas.

Je ne blâme absolument personne. Et je sais que la plupart du temps lorsque des profs postent des photos de leurs cours sur les réseaux sociaux, cela vient du bon endroit dans leur coeur : l'envie de partager avec le monde une belle expérience, une classe particulièrement forte. Graver dans la mémoire un moment intense. Donner envie à d'autres personnes de faire du yoga, de venir à leurs cours.
Cette envie de partage est tout à fait légitime. Et je sais aussi, par expérience, que l'équilibre entre yoga et marketing est vraiment complexe.

Sauf que j'aimerais vraiment qu'en tant que communauté, on réfléchisse à cette question de l'image. Parce que oui, pour en avoir parlé avec de nombreuses personnes, il y a beaucoup (j'insiste sur "beaucoup") de gens qui ne sont pas à l'aise avec le fait de voir une photo d'eux en classe de yoga sur internet. Et qui n'oseront jamais le dire à leur prof.
Me semble que ce serai une chouette solution que les classes "spéciales  photos" se développent.  Il m'est arrivé d'aller à des classes en tant qu'élève, spécifiquement pour des amies qui avaient besoin de photo/vidéo. Et j'en étais bien heureuse. Mais c'était des classes spécifiques pour ça. Pas ma classe du jeudi midi sur l'heure du lunch ou je veux juste me reconnecter un peu à moi, ni une retraite que j'ai payé plusieurs centaines de dollars pour voir une photo de moi pas maquillée-au-réveil en public sur une page avec 5000 abonnés (note: je ne parle pas ici des grands rassemblements public de yoga, je trouve que la problématique est vraiment différente).

Et j'aimerais avoir votre avis sur tout ça, en tant que prof, ou qu'élève.
Vous en pensez quoi? Vous vous retrouvez dans ces réflexions ou vous trouvez que je suis complément dans le champs?

mercredi 3 février 2016

Quand la seule chose à faire est de lâcher prise

Je n'ai pas d'endroit où pratiquer le yoga. J'ai donc voulu aller dans un studio. Je me suis bloquée le dos la veille au soir.
J'ai voulu reprendre une pratique de méditation. À chaque fois, les voisins mettent la musique à fond.
Je veux prendre l'air pour marcher un peu, une mini tempête.

Qu'est ce que je fais.
Qu'est ce que je fais lorsque je suis dans une situation tellement difficile que tous les conseils du type "motive-toi", "créé le quotidien dont tu rêves", "si tu n'y crois pas assez ça ne fonctionnera pas" n'ont absolument aucun sens?
Qu'est ce que je fais lorsque tous mes efforts sont sans réponse?
Qu'est ce que je fais lorsque les "faites tous les jours un truc qui sort de votre zone de confort" se confronte au fait qu'il n'y a plus de zone de confort dans le quotidien?
Qu'est ce que je fais lorsque tous les motivationals dont on nous abreuve, (spécialement dans le monde du yoga) sont complètement en décalage avec la vraie vie?
Qu'est ce que je fais lorsque je sais quoi faire mais que je suis incapable de le faire?

Je lâche prise.
Je laisse aller.
J'arrête de vouloir tout contrôler.
Et j'arrête de vouloir que tout soit parfait. Parce que tout est déjà parfait. (Copyright: Geneviève Laquerre pour Nai'a Project <3 )

C'est ok de ne pas avoir le contrôle.
C'est ok de ne pas aller bien.
C'est ok de traverser des zones d'ombres tellement sombres qu'on n'a l'impression qu'on ne verra plus jamais la lumière.
C'est ok de ne pas vouloir plus de responsabilité.
C'est ok d'être coincé.
C'est ok de demander de l'aide. Et surtout, c'est ok d'en recevoir.

Je ne peux pas faire de yoga? Ça m'arrivera à d'autres moment dans ma vie.
Ma vie est coincée pour le moment? Qu'est ce que j'ai à apprendre de ça.
J'ai besoin de la présence de mes amis loin loin? Lorsque je leur demande, ils trouvent un moyen d'être présent.
Je passe mon temps à prendre soin des autres? Ça va faire de moi the hell of a yoga teacher.
Je suis loin de mon amoureux? Ça me montre que je suis encore capable de fonctionner seule.

Non, je n'essaye pas de voir le positif en tout. Parce qu'il y a des situations où il n'y a pas de positif (j'en avais parlé ici). Mais ces situations où il n'y a pas de positif sont là. Elles sont là, et il ne sert à rien de les combattre. Il faut les traverser et les laisser aller.
Parce que lorsque l'on n'a pas de contrôle sur une situation il faut lâcher prise et accepter que la seule chose sur laquelle on a du contrôle c'est nous, face à cette situation.

Concrètement? Respirer. Se ramener dans le présent. Ni dans le passé, ni dans le futur, dans le "here and now", le seul endroit qui existe. Ne pas ruminer, ne pas anticiper. Juste être.
Se connecter à soi. Méditer. Prendre un bain. Boire un thé. Faire du shopping. Manger du chocolat. Ramener du confort dans le présent, même si ça parait anodin.
Prendre la situation moment par moment. Présent par présent.

Et ça peut-être la chose la plus difficile au monde.
Mais ça vaut le coup.
Promis.

Me reste juste à le faire #IMOneOfYou ;)

mercredi 13 janvier 2016

Ma seule résolution

Je sais, je ne poste plus.
Mais j'ai une effing bonne raison.

Je suis en France, probablement pour plusieurs mois loin de mon amoureux, de mon tissu social, de mes repères. À gérer la maladie. Oh, pas la mienne. Et c'est encore pire finalement.
Je ne sais pas si il y a quelque chose de plus difficile que d'assister à la souffrance de quelqu'un qu'on aime.

Et pour en revenir au sujet de ce blog, je n'arrive pas à mobiliser tout mes beaux outils pour moi. C'est étrange.
Il m'est facile de les mobiliser pour les autres, de m'en servir pour aider les autres. Mais moi, en cette période ou j'aurais besoin que jamais du yoga, de la méditation, du bol, du chamanisme et de tout le reste, rien, nothing, nada. Je suis juste paralysée face à tout ça.
Du coup, je me sens mal de vous écrire des posts en vous disant à quel point c'est cool et indispensable le yoga, prendre soin de soi, et tout le reste.

Je sais que tout ça va profondément me changer et je n'ai aucune idée si c'est en bien ou en moins bien. Je sais qu'en ce moment je n'ai plus aucune patience, plus aucun gramme de compassion à perdre auprès des autres et que j'ai la colère à fleur de peau.
Mais je sais aussi maintenant que je suis bonne pour gérer les temps de crises, être dans l'action, maintenir l'espace, que j'ai (beaucoup) plus de forces que je ne pensais et j'apprends tous les jours des tonnes de choses sur moi même et sur la vie.
Je sais aussi que je suis capable d'aimer plus que je ne le pensais. J'ai aussi (re)découvert que j'ai des amis absolument sensationnels au Québec (et ailleurs). Même là où je ne les attendais pas.
Et j'ai la certitude absolue que je suis exactement là où je dois être. Et que je ne devrais être nulle part ailleurs à cet instant.


Bref, j'en profites pour partager avec vous la seule résolution que j'ai prise cette année:
Make every moment count.
Faites en sorte que chaque instant soit important.
Ne perdez pas de temps sur des conneries. Ne perdez pas de temps à vous disputer avec les gens que vous aimez. Ne perdez pas de temps en rancoeurs stériles, en disputes inutiles et en ressentiments. Laissez aller les gens qui ne vous nourrissent pas. Aimez ceux qui le font.
Rien n'est plus important. Rien.

dimanche 8 novembre 2015

Je prends soin de moi : première semaine

Voilà. Chose promise, chose due, on s'en reparle.
Sept jours. Sept actions pour prendre soin de moi.
Sept photos sur Instagram aussi (@MahinaYoga).


Donc cette semaine pour prendre soin de moi, uniquement de moi, et me nourrir j'ai:
  • Fait une pratique restauratrice et méditative toute douce d'1h30 alors que j'aurais "du" faire un gros Vinyasa.
  • Pris le temps de prendre un long bain chaud avec des bougies, un bon livre et des huiles essentielles.
  • Acheté à ma librairie de quartier, des livres qui nourrissent l'âme: le Plaidoyer pour l'Altruisme de Matthieu Ricard (que j'ai eu l'immense honneur de voir en conférence lundi dernier) et la suite de l'excellente BD l'Arabe Du Future de Riad Sattouf.
  • Rattrapé plein d'heures de sommeil de retard, because insomnies bizarres en ce moment, en décalant des rendez-vous un matin. Je ne suis vraiment pas fonctionnelle quand je manque de sommeil.
  • Binge-watché (re) la saison 1 de Downton Abbey en mangeant des (oui, des) chaussons au pommes. Parce que j'avais la tête pleine et le ventre vide.
  • Trouvé sur ma route une sugilite, pierre plutôt rare que je cherchais depuis longtemps. C'est le cristal des gens qui ne se sentent pas à leur place, le cristal de l'ancrage et de l'amour. Un pouvoir incroyable.
  • Travaillé sur MES projets. Pas ceux des autres, pas pour rendre service, ni pour travailler pour quelqu'un. Pour moi, juste pour moi et ce qui s'en vient dans ma vie.
Et tout ça, (presque) sans culpabiliser, s'il vous plait. Et bah ça fait drôlement du bien pour de vrai.
Et ça donne drôlement envie de continuer.
À suivre?

Et toi, ami lecteur, t'as pris soin de toi cette semaine? Raconte-moi!


lundi 2 novembre 2015

Prendre soin de soi

Cette semaine, j'ai partagé sur la page Facebook du blog, un mantra merveilleux d'Elena Brower qui a résonné fort en moi
"Every time you take care of yourself, you're taking care of all of us"
"À chaque fois que tu prends soin de toi-même, tu prends soin de chacun d'entre nous"
Elena Brower
Parceque oui. En prenant soin de nous, on prend soin des autres. Nous sommes tous reliés. En prenant soin de nous, on s'assure d'être la meilleure personne que l'on peut être pour nous-même et pour le monde.
Mais moi, je trouve ça tellement difficile de prendre soin de moi. Je trouve ça difficile de me faire passer avant les autres sans être égoïste. Parce que non, prendre soin de soi, ne veut pas dire laisser tomber les autres. Et souvent, je tombe dans un extrême ou dans l'autre.

Autour de moi, j'ai l'impression de voir beaucoup trop souvent des choses qui disent "pour prendre soin de vous, laisser tomber toutes les personnes qui ne vont pas bien dans votre vie, puis abandonner tout ce que vous n'aimez pas, vous irez mieux". Sauf que pour moi, c'est justement ce qui ne fonctionne pas.
J'ai compris qu'avant d'aider les autres, il fallait que j'apprenne à m'aider moi-même. À rester dans mon centre, dans mon coeur quand je pose une action ou quand je dis quelque chose. Que cette action ou cette parole me nourrisse de la même manière qu'elle nourrit la personne en face de moi.
Ça ne veux pas dire abandonner les personnes autour de moi. Ça veut juste dire rester en intégrité avec moi-même et savoir reconnaitre lorsque je ne sais pas quoi faire pour une amie qui va mal ou que je n'ai pas l'énergie pour l'aider. Lui parler, lui dire, lui demander quel geste je peux poser ou ce qu'elle a besoin d'entendre. Compassion, d'abord.
Et pour moi, prendre soin de moi ne veut pas dire non plus abandonner mes responsabilités, mais trouver un moyen de les rendre compatibles avec ce que je ressens.
C'est aussi apprendre à accepter lorsque je ne suis pas parfaite. Lorsque je ne suis pas en yoga. lorsque je veux impressionner les autres, lorsque suis bien trop excitée par la sortie du dernier Star Wars ou par mon nouvel iPhone (ROSE GOLD, vous vous rendez compte, ROSE GOLD!!!). Non ce n'est pas yogi. Oui, c'est de l'ego, du futile, du matériel. Mais c'est aussi moi et c'est aussi une partie de moi dont je dois prendre soin.

Pour moi, c'est ça, prendre soin de moi.
C'est m'occuper de moi et de mon équilibre pour pouvoir donner le meilleur de moi-même. C'est apprendre à garder mon énergie (ou whatever you call it) d'abord pour moi pour pouvoir créer du  surplus à donner aux autres.

Mon Mantra préféré au monde. Et aussi le plus compliqué à intégrer.
(Mantra via Nai'a Project)

Et je vous propose un petit exercice pour cette semaine.
Si vous ne le faite pas déjà, essayez pendant ces 7 prochaines jours de poser une action par jour JUSTE pour vous. Pas pour votre famille, pas pour vos amis, ni vos collègues. Pour vous. Une fois par jour. Vous acheter un latte au caramel au beurre salé ultra-cochon-pas-santé-ni-vegan-ni-équitable. Prendre 20 minutes au complet pour méditer ou respirer, seul avec vous-même. Tous les matins, prendre le temps de vous faire un massage ayurvédique à l'huile. Craquer pour cette merveilleuse écharpe avec un renard dessus dont vous n'avez pas réellement besoin. Vous faire couler un bain à la lavande avec un bon thé brulant et un livre que vous n'avez pas le temps de finir. Binge watcher les épisodes de The Good Wife que vous n'avez pas eu le temps de voir.
Qu'importe. Quelque chose qui vous nourri, quelque chose qui vous fait RÉELLEMENT envie, sans le juger.
Cette semaine, donnez vous tous les jours du temps et utilisez vos ressources JUSTE pour vous sans culpabiliser et voyez l'impact que cela a sur votre journée.
Puis on s'en reparle la semaine prochaine.
Ça vous tente?


lundi 26 octobre 2015

La légitimité

"Alors, ça y est, t'es prof de yoga?"
La phrase que j'ai le plus entendu depuis le mois d'août. La phrase à laquelle j'ai le moins de réponses depuis le mois d'août.

Entre autre parce que dans le yoga, je serai TOUJOURS d'abord une élève avant d'être une prof. Puis aussi parce que, non je n'ai pas fini ma formation. Je n'ai pas fini mon module personnel et c'est une ÉNORME partie de ma formation. Parce que malgré ma pratique personnelle bien installée, je doute. Je doute de ma légitimité. Et je ne veux pas que mes élèves soient des cobayes pour savoir si je suis prête à enseigner ou non. Il faut que ça vienne de moi, du plus profond de moi. Pas de mon égo, pas de mon mental.
Je médite beaucoup là-dessus en ce moment.



Puis une de mes profs de yoga que j'adore. Hyper ancrée dans les traditions, plusieurs années d'études avant de devenir prof. ZÉRO égo. Le coeur à la bonne place et le yoga dans tous les pores de sa peau. Une de celles qui m'a donné envie de devenir prof. Genre une fantastique personne.

Je lui parle de mes doutes. Je lui parle de mes craintes. Je lui parle de mon problème de légitimité et de pourquoi moi, j'ai tellement du mal à me dire que "ça y est, je peux enseigner". Je pensais sincèrement qu'elle allait aller dans mon sens, me dire que j'avais raison d'attendre. Mais ce n'est pas ce qu'elle a fait.
Elle m'a dit quelque chose d'incroyable. Elle m'a dit que mes doutes montraient que j'avais compris des choses dans le Yoga. Que tout le chemin que j'ai fait avec le yoga ces dernières années, avec ma pratique personnelle, c'est ÇA qui amenait ces doutes. Et que ces doutes font de moi une meilleure yogini. Elle m'a dit que je pourrais TOUJOURS être plus prête, plus rigoureuse, plus légitime, plus en confiance. Mais que ça ne veut pas dire que là, maintenant, je n'ai rien à apporter. Et que ce serait dommage de priver les gens de ce que j'ai à leur apprendre maintenant, parce que du chemin, j'en ai déjà fait. Même si dans 2 ans, je serai "meilleure".

C'est comme ça qu'elle voit ma légitimité
Les yeux dans l'eau anyone? Moi, ils se sont noyés.

Tout ça pour dire que des projets j'en ai. Ils se placent doucement.
J'espère pouvoir trouver ma place, ma niche parmi les dizaines de profs de yoga à Québec et pouvoir le faire en intégrité. De toute façon je suis patiente et je n'ai pas "besoin" financièrement d'enseigner (un jour, j'écrirais un post sur l'économie incroyablement violente du yoga).
J'ai cette chance de pouvoir faire passer ma pratique personnelle avant les cours, parce que je crois, non, je SAIS du fond de mon être que je ne pourrais jamais être une bonne prof si je ne m'occupe pas de faire évoluer ma pratique, tout le temps.

Faire les choses dans l'ordre. Prendre mon temps. Rester alignée avec moi-même.
Respecter mon Yoga. Respecter le Yoga.
Tout un programme!

mardi 13 octobre 2015

Chez moi

Hier dans la voiture, traversant la campagne québécoise incroyablement embrasée par les couleurs d'automne:
"Il m'en aura fallu des années pour l'aimer cette ville".
La phrase est lâchée.

Estrie, automne 2015.

8 ans. C'est le temps qu'il m'a fallu pour aimer cette ville. 8 ans.
8 ans pour admettre que la France n'est plus chez moi. 8 ans pour accepter que le Québec ne sera jamais réellement chez moi. 8 ans pour intégrer que ce n'est pas grave, que chez moi ce n'est pas un lieu.
Chez moi c'est ici, maintenant. Chez moi, ce sont mes racines, mon coeur, moi. Chez moi c'est partout et nulle part.

8 ans, c'est le temps qu'il m'aura fallu pour ne plus essayer de TOUT aimer ou de TOUT détester ici. Non, ça ne me fera JAMAIS tripper sortir quand il fait -40, non, le système de santé ne sera jamais correct, quoiqu'on en dise. Non, je ne serai jamais heureuse de payer mes légumes affreusement chers, non je ne comprendrais jamais les relations amicales et non, je ne me ferai jamais à l'amateurisme sociétal.
Mais oui, j'aime d'un amour fou le mois et demi d'automne qu'on a par an, oui, j'aime la sécurité, le rythme de vie et la bienveillance ambiante. Oui, je trouve ça super fun de tutoyer tout le monde et oui, j'aime ce sentiment de village que j'ai dans mon quartier à Québec. Oui, j'aime cette lumière qui donne des photos incroyables et oui, j'adore pouvoir me balader en fringues de yoga sans me faire dévisager.
Tout n'est pas noir ou blanc.

Le yoga m'a permis de faire la paix avec ça. Le yoga m'a permis de faire la paix avec moi, avec cette voie du milieu qui régit beaucoup de ma vie, mais que j'ai tellement de mal à accepter dans ce sentiment d'appartenance. Entre les critiques des gens qui me reprochent de ne pas toujours voir la vie au Québec en rose et la culpabilité "d'abandonner" mes racines françaises.
J'ai trouvé un équilibre.
Et j'ai trouvé cet équilibre quand j'ai arrêté de le chercher à l'extérieur de moi. Quand j'ai arrêté de vouloir le faire valider par d'autres. Parce que cet équilibre il est en moi. Il est moi.
Quelque soient les circonstances extérieures, moi je suis toujours là, pareille. Et ce sentiment d'appartenance vient de moi, de nulle part ailleurs.
Ce n'est pas facile tous les jours. Ce n'est pas complètement gagné Mais j'y arrive, patiemment.

Mantra du moment:
Je suis chez moi, ici et maintenant.



PS: merci à LaNe qui m'a décidé à publier ce post qui trainait depuis 1 semaine en ayant écrit, genre la même chose (clic), mais en mieux. Les grands esprits... <3

mercredi 23 septembre 2015

L'équinoxe d'automne : Mabon.

L'automne.
Ma saison préférée.
J'aime TOUT en automne. La température, la lumière, les fruits et légumes (COURGES), les vêtements, les couleurs, la nature qui s'endort.
Souvent, c'est une période un peu morose pour les gens, mais lorsque l'on sait surfer sur la vague (hello Vata!) c'est une saison tellement reposante!

Aujourd'hui, c'est donc le premier jour de l'automne, l'équinoxe (appelée Mabon dans certaines traditions païennes), une de ces deux journées dans l'année où le jour et la nuit ont la même durée. Et comme à chaque changement de saison, j'aime bien faire un petit rituel. Oh, c'est pas obligé d'être très compliqué, mais juste pour marquer le passage des saisons et pour me préparer à la suite.

Mabon, c'est un temps d'introspection. C'est le moment de récolter l'abondance que l'on a moissonné cette année, de laisser aller ce qui n'a pas poussé et de commencer à réfléchir à planter les graines pour la suite. C'est un moment de "deuil", où on laisse aller et on recommence. C'est le moment où germe de nouveaux projets (personnellement, environs 7 ou 8 différents juste cette semaine) et où on doit rester ancré. Où on doit se concentrer sur notre équilibre. S'occuper de soi-même. C'est aussi un moment de gratitude infinie, pour tout ce que l'on a vécu cette dernière année.

Ce matin, pour ma pratique, j'ai préparé un autel automnal, avec des symboles forts de l'automne pour moi: la feuille d'érable, l'ours, le renard, le bois, le jaspe, le chêne, le chaga.... C'est un de mes autel préféré de ces derniers mois.


Ce soir, je vais faire une méditation automnale que j'aimerai partager. Je la trouve très puissante et elle me permet vraiment de laisser aller plein de choses.

Méditation de l'équinoxe d'automne.
  • S'assoir ou s'allonger dans une position confortable. Commencer à respirer quelques fois profondément, à arriver dans le présent et à relâcher le mental.
  • Pour 7 ou 8 respirations, à chaque expiration, imaginer des racines qui poussent à partir des points d'appuis dans le sol (les pieds, les ischions, le dos). Elles pénètre de plus en plus profondément dans la terre.
  • Puis visualiser que vous êtes le tronc d'un arbre (celui qui vous parle), majestueux avec des branches au-dessus de votre tête. : les feuilles ont revêtues leurs couleur d'automne, elles sont dorées, rouges flamboyant, marrons profond. Elles sont joyeuses et pleine de réconfort.
  • Puis elles tombent une à une. Imaginez que chaque feuille qui tombe représente une chose qui vous est arrivée cette année. Une chose que vous avez faite, que vous avez pensé. Une relation qui a évolué. Que vous les qualifiez de positives ou négatives n'a aucune importance. Elles tombent doucement, légèrement, toutes de la même façon. Et elles sont magnifiques, parcequ'elles ont fait de vous l'arbre que vous êtes.
  • Vous les observez tomber sans les juger puis une à une, vous les remerciez. Toutes. De la gratitude qui vient de plus profond de votre coeur pour toutes les belles choses, mais aussi les épreuves que vous avez traversées.
  • Puis, elles tombent sur la Terre, elles retournent à la Terre. Qui les absorbe et les transforme en énergie positive. Visualiser cette énergie bienfaisante venant de la Terre, sous forme de paillettes d'or qui viennent nourrir vos racines et tout votre corps.
  • Une fois que vous avez assimilé toutes les feuilles que vous vouliez assimiler, laisser aller la visualisation. Respirer plus en conscience et revenez tranquillement en portant cette belle énergie en vous.
Rien ne se perd, tout est un cycle. Et la gratitude permet de tout transformer en une source d'amour inépuisable...


Mon mantra pour cette équinoxe:
Tout ce que je vis a une fonction. Et je suis reconnaissante et pleine d'amour envers toutes ces expériences.

Belle équinoxe d'automne, amis lecteurs!



Lectures:
Chaudron et grimoire
Pagan and wiccan (attation, une video qui se lance toute seule)
Mystic Mama (always)
Un article du Huff (si, si)

lundi 31 août 2015

"Mais concrètement ça a changé quoi pour toi, le Yoga?"

Vendredi midi.
Fin d'une semaine de 16h de travail par jour. Deadlines impossibles. Tête qui explose.
Aucun yoga depuis 2 semaines. Pour intégrer la formation. Parce que j'ai pas le temps. Whatever excuses bidons j'ai inventées.

13h.
Au bureau. Je me mets à crier sur mon ordi. Littéralement. Pour rien.
Je m'arrête, ferme les yeux, respire.
"T'as besoin de quoi là, maintenant, tout de suite pour aller mieux?"
Du Yoga. Vite.

Sans y réfléchir, j'envoie un mail à mon chef "I'm out, see you on monday". Je ferme mon ordi alors que j'ai what-mille choses à faire et pas le temps de les faire. Alors que j'ai pas le temps de voir mes amis, pas le temps de voir mon amoureux, pas le temps.

Je rentre chez moi, enfile des leggings, attrape un tapis et cours au parc à côté. La tête pleine de culpabilité et le coeur plein de certitude que c'est exactement ce qu'il faut que je fasse.
Je déroule mon tapis dans l'herbe. Je m'assois, mets "Devi Prayer" dans mes oreilles et ferme les yeux.
Et je pleure.
Pas parce que c'est triste, Devi Prayer, mais parce que je me retrouve après 15 jours à m'être complètement oublié.
C'est long, 15 jours sans se voir.
"Tu m'as manqué."
"Comment tu vas, pour de vrai, pas comme quand les gens te demandent comment ça va et que tu réponds automatiquement que ça va. Comment tu vas vraiment?"
"Bof, ça va moyen aujourd'hui"
"Parfait. C'est parfait, tu as le droit. Maintenant prends un peu soin de toi"


Puis j'ai fait 1h de méditation. Puis 1h d'asanas, qui ne ressemblaient à pas grand chose mais qui étaient ce dont j'avais besoin.
Puis tout allait mieux.


C'est ÇA que ça a changé le Yoga dans ma vie.
C'est le seul moment de ma journée où je me retrouve. C'est le seul moment de ma journée où je fais mon "check in" pour voir comment je vais vraiment. Pour laisser aller ce qui ne va pas, pour intégrer ce qui va.
Et juste pour être moi-même, sans mon égo, sans avoir à prétendre.

C'est cet outil incroyablement puissant qui fait que le stress prend moins le dessus. Qui fait que je fonctionne de manière optimale. Je ne dis pas que je passe mes journées sur un nuage, mais j'arrive beaucoup mieux à gérer lorsque je fais mon Yoga.
Et lorsque je ne prends pas ce temps là pendant 15 jours, bah je le paye, comme là.
Mais je le répète, mon yoga c'est pas forcément des heures d'asanas par jour. Ça peut être plein de choses.
À chacun de trouver le sien.
Je ne me souviens plus comment je faisais avant d'avoir le Yoga dans ma vie, mais ça devait être beaucoup moins facile.

Et pour toi, ça a changé quoi le Yoga?


lundi 24 août 2015

Formation Nai'a: La fin. Le début.

Un petit post bilan sur cette expérience. Sur mon été.


Un monastère baptisé.
Une voie (re)trouvée.
Plein de nouveaux amis. Pas forcément là où je les attendais.
Une nouvelle Tribe, encore plus grande. Pour la vie.
Une professeure qui est encore plus mon amie. Et une amie qui est ma meilleure professeure.
Des pouvoirs repris.
Des gens tripotés with no creepy hands.
Des HEURES de flow et de muscles qui shakent.
Des méditations.
Des voyages chamaniques.
Des malas qui ont été adoptés.
Des rires.
Des larmes.
Des larmes de rire.
De la frustration.
De la paix.
Une énergie infinie.
Des asanas pour lesquels je me suis découverte un amour fou. Et d'autres que je n'aime vraiment pas mais que je vais travailler fort.
Un orteil fracturé.
Une épaule qui va mieux.
De nouveaux outils pour soigner tout ça.
Des kilomètres de tape qui ressemblent à des tatouages.
Une force que je ne me connaissais pas.
Plein de smoothies de protéines.
De l'amour.
Du jugement.
De la compassion.
Ganesh. Lakshmi. Durga. Et les autres.
Des cartes.
Des chandelles.
Un gars et 15 filles.
Des espaces sacrés.
Des dizaines de postures étudiées avec des litres de (très bon) thé.
Un amoureux qui soutient.
Des pratiques les pieds dans l'herbe et la tête dans les nuages.
De l'intégration.
Plein de travail à venir.

Une nouvelle vie.

De l'amour.

<3


Tous les autres posts sur la formation, en cliquant ici :)
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Alors tous mes posts t'ont donné envie de te lancer, toi aussi dans l'aventure d'une vie?
Je te remets les liens vers ce fantastique programme que j'ai suivi avec Geneviève Laquerre et sa superbe Tribe à Nai'a Project (et plein plein d'autres aventure et de surprises à venir!)
Site web de Nai'a
Page Facebook
Instagram @naiaproject
Twitter @NAIAPROJECT

Et la vidéo de la formation de l'an dernier

NAI'A - Formation Yoga (Français)
Écoutez en HD! :)
Posted by NAI'A Project on lundi 3 novembre 2014

lundi 17 août 2015

Formation Nai'a: apprendre à dire NON

Lors du tout dernier jour de ma formation de prof, j'ai du apprendre à dire non.
Moi, la fille qui a toujours eu ce complexe de "le bien-être des gens autour de moi est plus important que le mien".  J'ai dit non à quelqu'un. Que j'aurais pu rendre heureuse en disant oui.

Sans rentrer dans les détails, le dernier exercice de communication consciente qu'on a fait lors de la formation impliquait choisir un objet parmi plein d'autres au centre d'un cercle. Puis accepter ou non de l'échanger avec quelqu'un qui voulait le même que toi si ça arrivait.
Quand est venu mon moment de prendre un objet je n'ai eu aucun doute. Il était là, au centre du cercle, je ne voyais que lui, pas les autres. Lorsque je l'ai pris dans mes mains, elles se sont mises à vibrer et j'ai eu les larmes aux yeux. C'était le bon, c'était le mien. Pas le moindre doute, il était à moi.
Puis est venu le moment que je redoutais, le moment que je savais depuis le début de l'exercice allait arriver. Allait m'arriver. Parce que j'en avais besoin.
Une de mes amies de Tribe a voulu mon objet. Elle a fait un argumentaire super poignant et convaincant. Elle a pleuré (aucun jugement ici, on est bien d'accord, cette journée là on a toutes pleuré nos mamans, c'était le dernier jour). Je l'aime, je les aime toutes. J'ai failli dire "oui, mais bien sur, prends le, je vais en prendre un autre, je ne veux pas te priver". Et puis j'ai respiré. Et puis j'ai regardé dans mon coeur. et puis j'ai dit "non, je le garde, désolée" (la voix tremblante et l'oeil humide).
Je me suis immédiatement sentie comme la personne la plus horrible de la planète. J'ai presque dit "mais non, je rigole, bien sur que je te le donne", mais une espèce de paix intérieure est arrivée de nul part. Non. Tu sais que c'est le bon choix, le choix de ton coeur. Le fait que cet objet est à toi, et à personne d'autre et que cette fois, rien que cette fois, c'est toi qui passe en premier.



Pourquoi ça m'est tellement difficile de dire non? Pourquoi même là, sur une chose aussi petite qu'un objet je continue à y penser et à me dire que "franchement, t'aurais pu lui donner quand même, c'est pas très cool". Pourquoi me faire passer avant les autres provoque de la culpabilité alors que franchement, je ne suis pas certaine que mon amie aille mal à cause de ça, m'en veuille vraiment ou me juge pour ça?
Pourquoi est ce que pour moi, Ahimsa (la non-violence, le premier des Yamas, préceptes yogiques qui déterminent nos relations avec les autres) est si facile à appliquer envers les autres et pas envers moi-même?
Et je me suis rendue compte que cet exercice n'était pas un exercice. C'était un aspect de ma vie que j'avais à travailler, fort. Garder ma compassion, mon empathie tout en apprenant à me faire passer d'abord. Je suis la personne la plus importante dans ma vie. Tu es la personne la plus importante dans la tienne. Point.
Ça ne veut pas dire être égoïste. Ça veut juste dire qu'avant de prendre soin des autres, il faut que j'apprenne à prendre soin de moi. Attention, pas de mes désirs et de mes envies, mais de mon moi profond, de ce qui est juste et bon, de ce qui me nourrit.
Et ça, ça passe par apprendre à dire "non", à apprendre à décevoir, à apprendre à ne pas toujours faire ce que les gens attendent de moi.

Mantra et intention de cette semaine (venant de ma formation, merci Geneviève):
Je suis la personne la plus importante dans ma vie.




vendredi 14 août 2015

Comment je créé mes espaces sacrés

Pour moi maintenir un espace sacré ça peut prendre plein de formes différentes et surtout on le fait déjà tous tous le jours. Oui, oui, même toi.
Ça peut être par la création d'un autel, mais aussi par faire le ménage chez soi ou juste en se créant une bulle quand il y a trop de monde dans le bus. Du coup, le sujet est très très vaste et je ne prétends pas écrire un post exhaustif.
Mais comme la question est revenue plusieurs fois et que le sujet intéresse plein d'entre toi, je vais t'expliquer tout simplement comment je créé mes autels de pratique, de méditation, de cérémonies.
Note qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de faire tout ça. Les traditions chamaniques et spirituelles ont chacune leurs cérémoniels et leurs traditions: à toi d’adopter celle qui te parle le plus ou de créer la tienne. Ici, juste une base pour débuter :)


- Pourquoi créer un autel?
Plein de raisons. Moi je le fais systématiquement lorsque je m'installe pour une pratique (ça n'a pas forcément besoin d'être un autel très élaboré), du yoga , de la méditation. C'est très important dans mon processus lorsque je médite pour quelqu’un ou quelque chose d'extérieur ou que je fais une cérémonie chamanique

- Quoi mettre sur un autel?
Des choses significatives. Ou belles. Ou belles ET significatives. Je dirais que cela dépend de l'autel, du temps que l'on a pour le faire, du temps de pratique que l'on va avoir. Et aussi si l'autel est là en permanence ou si, comme moi, tu vis dans un micro-condo et que t'es obligé de le faire et le défaire tous les jours (aussi valable si t'as un chat. You know what I mean). Les moins: c'est pas pratique. Les plus: t'as un autel personnalisé tous les jours :)
Je mets toujours une base, quelque chose en dessous: soit je le sur-élève, soit je mets un joli tissu, pour délimiter l'espace et montrer que c'est particulier.
Puis, une bougie sécuritaire (en faisant ultra-attention à pas oublier toute seule la bougie allumée hein #BeenThere).
Je mets souvent une pièce maitresse, sous forme de représentation d'une divinité qui me parle ce jour-là: Ganesh, Hanuman souvent. Ou un Bouddha. Ou une icône. Ou une photo d'un maitre spirituel (Amma <3). Mais ce n'est pas obligatoire, on est d'accord.
Ensuite, j'essaye d'avoir une chose de chacun des 5 éléments et j'ai souvent soit une plante, soit des feuilles de thé.
Et toujours des cristaux pour moi.
Ensuite, ça dépend. Mon bol tibétains, mon tambour, mon mala, ce qui va servir à ma pratique.
Des cartes d'oracle, des mots inspirants écrit sur un joli papier, des statues, des dessins, des géométries sacrées, des huiles essentielles, de l'encens, de la sauge, des plumes. J'y vais avec l'intention et l'inspiration du jour.
Souvent je mets une musique que j'aime ou qui est appropriée pour la journée en fond.
Ça peut vraiment être tout.


- Comment l'"activer"?
Je m’assois devant, je ferme les yeux, je respire en présence. J'allume ma bougie avec l'intention de sceller l'espace.
Puis pareil, les possibilités sont infinies. Des fois, je fais sonner mon bol tibétain, ou mon tambour. D'autres, je chante des chants améridiens qui m'ont été transmis (par qui de droit). Ou des mantras. Lorsque je me prépare pour du chamanisme, j'appelle les directions (mais c'est une autre histoire).

- Le tapis de yoga: mon espace sacré à moi
J''ai déjà insisté ici sur le fait que je ne supportais pas lorsque quelqu'un que je ne connais pas marche sur mon tapis de yoga. J'avoue qu'avec ma formation de prof et des tapis de yoga partout par terre, je me suis assouplie sur ce point :) Que ma Tribe marche sur mon tapis, avec leurs pieds pleins de doigts de pieds, ne m'embête plus du tout et il m'est aussi arrivé de marcher sur les tapis des autres. Ouaip. Mais j'ai aussi remarqué que plus on avançait dans la formation, plus on faisait attention à ne pas trop marcher sur les tapis des autres. Comme si la compréhension du yoga amenait la compréhension de l'espace.
Bref, pour moi, un tapis de yoga devient un espace sacré lors d'une pratique. Et lorsque je ne suis pas chez moi, sur mon tapis de yoga il y a souvent un ou plusieurs cristaux. Et/ou mon mala  ou des bracelets. J'enlève tout ça avant la pratique et les pose sur un coin de mon tapis avec intention. ma manière à moi de sceller mon espace sans pouvoir faire tout un gros cérémoniel.


- Comment défaire un autel?
Pas n'importe comment. Je ne démonte jamais un autel n'importe comment.
RE-MER-CIER. 
Le Guru (whatever that means pour toi), les autres gens autour et aussi soi-même, pour avoir pris ce temps pour soi. Si tu as mis une ou plusieurs divinités sur ton autel, remercie-les. Je prends toujours un temps d'arrêt en imaginant fermer cet espace. Des fois une prosternation. ou les mains en prière au coeur.
Puis je prends une photo pour la mettre sur Instagram. Puis j'éteins la bougie avec intention (j'insiste bien sur cette bougie, j'ai déjà eu des frayeurs impliquant re-traverser la ville en bus juste pour rentrer l'éteindre, la boule au ventre). Ensuite, avec conscience je range les différents éléments de l'autel (si je n'ai pas le temps de bien le faire, je le fais plus tard, mais jamais à la va-vite).


Alors ça à l'air complexe comme ça, mais créer un espace sacré n'a pas besoin d'être long. Même lorsque j'ai juste le temps de mettre une bougie et un cristal à la tête de mon tapis, je sais que pour moi ça fait toute la différence du monde entre faire de la gym ou entrer en yoga.
Chacun ses rituels :)

Et toi, ami lecteur, tu en fais des autels pour tes pratiques?